À la mi-mai, l’agence de notation AM Best a fait connaitre son intention d’évaluer les grossistes, les agences de souscription et les agents généraux en assurance de dommages d’Amérique du Nord.

Rapidement, la Canadian Association of Managing General Agents (CAMGA) a fait part de son malaise à propos de cette proposition. Qu’en est-il des grossistes ?

Jean-François Raymond, président de GroupAssur, se dit enthousiaste. Il aimerait vraiment obtenir une cote d’AM Best. Il se dit toutefois conscient que son entreprise, soutenue par un grand fonds de placement, se prête bien à ce genre d’évaluation. Ce qui n’est peut-être pas le cas de grossistes n’étant pas dans sa position. Il a expliqué son raisonnement au Journal de l’assurance.

« Un assureur très solide veut sa cote auprès d’AM Best. Ce sera pareil pour nous. Il y a quatre ans, je n’aurais toutefois pas touché à ça de près ou de loin. C’est une initiative avant tout américaine. Ça vient avec un risque, car je peux me faire ramasser lors de l’évaluation, qui peut porter sur beaucoup de choses, dont notre capitalisation. Nous verrons avec eux ce qu’ils ont en tête. Car d’un autre côté, ça nous donnera des lignes directrices pour nous permettre d’établir des objectifs. Mais c’est certain qu’on ne visera pas une cote C. Ce n’est pas une mesure qui visera la masse des grossistes au pays », dit-il.

Autre président d’un grossiste canadien, Gary Hirst, de CHES Solutions spécialisées, dit aussi croire que cette initiative d’AM Best visera avant tout des entités américaines et britanniques ayant de grands capitaux derrière elles. Il souligne toutefois que des mécanismes du genre existent déjà sur le marché canadien.

« Les assureurs du pays et le Lloyd’s de Londres évaluent notre profil financier chaque année. C’est un examen continu. On comprend ce besoin d’examiner notre solvabilité pour traiter avec eux. On garde donc l’esprit ouvert », dit-il.

Cet article est un Complément au magazine de l'édition de juin 2021 du Journal de l'assurance.