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Parebrise d’origine ou équivalent : Belron s’attaque au mythe véhiculé par des manufacturiers autos

par Serge Therrien | 27 février 2019 11h00

Photo : Freepik

Confrontés à la réparation du parebrise des véhicules de leurs clients, les assureurs doivent-ils obligatoirement acheter du matériel neuf du manufacturier ou aller vers un équivalent ? Les deux sont aussi sécuritaires, clame Belron Canada.

Le débat divise l’industrie depuis des années. Il prend maintenant de plus en plus d’ampleur avec l’intégration de nouvelles technologies à bord des voitures dites intelligentes. Ces technologies ont ouvert la porte à ce que l’on appelle des systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS), dans le jargon de l’automobile.

Recalibrage nécessaire

Parmi ceux-ci figurent les caméras qui sont intégrées dans les pare-brises. Elles servent à assurer le bon fonctionnement de l’alerte en cas de collision à l’avant.

Devant la montée de cette technologie, les avis de spécialistes se sont multipliés avec le temps afin de réclamer le recalibrage des caméras après une collision pour s’assurer de leur bon état.

Les manufacturiers d’automobiles en ont rajouté, déplore Belron. Certains fabricants ont émis publiquement que le calibrage fait sur des parebrises de marque équivalente serait moins précis que sur des parebrises d’origine, a expliqué Stéphane Ouimet, chef national des services et des processus techniques de Belron Canada.

Recherches indépendantes

Doutant de cette affirmation, la firme a mandaté un centre de recherche indépendant pour trancher. Au Canada, elle a fait appel à PMG Technologies, le laboratoire qui mène les essais de conformité et des recherches sur les véhicules pour Transports Canada. Les essais ont eu lieu du 11 au 17 octobre 2018.

Au total, 150 essais ont été effectués sur un nombre équivalent de Subaru Outback 2017 et de Honda CR-V 2017. Il s’agit de deux des véhicules familiaux les plus vendus au pays.

Les résultats ont montré que, peu importe le parebrise, le calibrage « a eu peu ou pas d’effet sur les caractéristiques du système ADAS, à savoir le freinage automatique d’urgence et l’avertisseur de sortie de voie », affirme PMG.

Belron s’est aussi appuyé sur une étude américaine réalisée par l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS). Soutenu par des assureurs américains, l’organisme s’affiche cependant comme un institut scientifique indépendant voué à la réduction des pertes humaines, des blessures ainsi que des dommages matériels.

Ses essais ont porté sur huit modèles de véhicules des fabricants Acura, Honda, Hyundai, Lexus, Mazda, Mercedes, Subaru et Volvo. « Les résultats n’ont indiqué aucun problème de visibilité ou de réfraction lorsque l’on compare, au moyen de l’indice de réfraction et des essais au laser, les parebrises d’origine et ceux du marché secondaire », révèle l’Institut.

Devant de tels résultats, Belron croit qu’il en revient aux gouvernements de créer des normes industrielles sur le calibrage de parebrise. Sa vice-présidente Sylvie Leduc affirme que, somme toute, les pièces équivalentes offrent des paramètres de sécurité élevés à un prix raisonnable.

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