La Fédération des Chambres de commerce du Québec (FCCQ) croit qu’un système national qui viserait seulement à réduire le cout des médicaments risquerait de restreindre l’accès aux traitements de pointe et d’avoir des répercussions sur les capacités de recherche ainsi que l’accès des patients aux nouveaux médicaments.
L’organisme patronal dit toutefois soutenir la volonté du fédéral d’assurer à tous les Canadiens un accès abordable et équitable à un régime d’assurance médicaments, mais affirme qu’un système mixte est la voie à prendre.
Le gouvernement fédéral projette de créer un régime national d’assurance-médicaments universel, mais Ottawa n’a pas encore précisé quel modèle il retiendrait, un système mixte qui accorde une large place aux assureurs privés ou un régime strictement public, comme le réclament des syndicats québécois et l’Union des consommateurs.
« De notre point de vue, il est préférable d’avoir un système public-privé qui garantira la prévisibilité des couts et la pérennité des régimes », a soutenu le PDG de la Fédération, Stéphane Forget. Un tel modèle présente aussi l’avantage de permettre la mutualisation des couts des traitements novateurs et l’amélioration des traitements, sans alourdir la facture des contribuables et des entreprises, a-t-il ajouté.
La FCCQ appuie aussi les intentions d’Ottawa d’élaborer une stratégie nationale concernant les médicaments onéreux pour le traitement des maladies rares, car elle croit qu’elle pourrait potentiellement enlever une pression sur les régimes privés.
Un sondage éloquent
La FCCQ a mené un sondage entre le 5 novembre et le 3 décembre 2018 auprès d’entreprises membres de son réseau. Soixante-deux pour cent des répondants offraient déjà un régime d’assurance-médicaments à son personnel et toutes les entreprises qui comptaient 10 employés et plus possédaient un tel régime. Voici les principaux faits saillants tirés de cette enquête :
- Même si depuis 2009, les primes pour les assurances collectives ont augmenté annuellement de 7,2 %, 74 % des employeurs sondés ont maintenu leur régime d’assurance-médicaments au cours des dernières années et 10 % l’ont bonifié. En outre, 80 % prévoient maintenir leur régime et 8 % ont l’intention de le bonifier dans le futur ;
- Même s’ils avaient la possibilité de ne plus avoir à offrir une assurance-médicaments à leurs employés tout en ayant la possibilité de leur offrir une assurance complémentaire, 85 % des entreprises qui offrent un régime d’assurance collective leur offriraient certainement (39 %) ou probablement (46 %) une assurance-médicaments ;
- Pour 67 % des employeurs sondés, un régime d’assurance-médicaments permet d’attirer et de maintenir en poste des employés clés. Ce résultat est corroboré par une étude effectuée par le CIRANO en 2017 ;
- Néanmoins, malgré la volonté des employeurs d’offrir des régimes d’assurance-médicaments privés, il apparait qu’au cours des dernières années, certains (17 %) n’ont pas eu le choix de revoir à la baisse leur régime, et ce, même dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre où ces régimes peuvent représenter un outil d’attraction.
Pas nécessaire de recommencer à zéro
La FCCQ estime que le régime québécois d’assurance médicaments hybride peut être amélioré, mais qu’il a su s’inscrire en complément des régimes privés tout en assurant une couverture adéquate pour les clientèles ciblées. Dans l’éventualité où le Québec se retire d’un régime national canadien, les fonds obtenus d’Ottawa devraient être réinvestis dans le secteur de la santé pour améliorer les soins à la population, réclame l’organisme.
« Au lieu de le décrier, profitons de l’occasion pour l’améliorer, en évitant de niveler vers le plus bas dénominateur », demande le PDG de la Fédération.