La Global Federation of Insurance Associations (GFIA), une organisation sans but lucratif qui représente 40 associations membres, a publié un rapport détaillé sur le déficit d’assurance mondial et les conséquences associées. Elle présente également des recommandations pour réduire ce déficit dans l’intérêt des particuliers, des entreprises et de la société.

Le rapport, intitulé Global protection gaps and recommendations for bridging them, se concentre sur les risques liés aux régimes de retraite, à la cybersécurité, à la santé et aux catastrophes naturelles. On y souligne que les individus et les organisations du monde entier sont de plus en plus souvent confrontés à des situations dans lesquelles leur santé, leur patrimoine et leurs revenus ne sont pas bien protégés. La GFIA affirme que les assureurs ont un rôle important à jouer pour protéger les gens et fournir des solutions permettant de transférer les risques, mais que « les assureurs ne peuvent pas à eux seuls pallier toutes les lacunes ». « Les intervenants du secteur public ont un rôle essentiel à jouer, ajoute-t-elle. Certains risques sont, par nature, impossibles à assurer par le secteur privé, si bien que le secteur public doit absolument intervenir. Les deux secteurs se partagent la responsabilité de réduire le déficit de protection. » 

Au sujet des changements climatiques, le rapport reprend les estimations du Forum économique mondial indiquant que si aucune mesure de prévention adéquate n’est prise, les changements climatiques coûteront entre 4 % et 18 % du PIB mondial d’ici 2050. « En chiffres absolus, les pertes moyennes causées par des catastrophes naturelles ont augmenté de 126 milliards de dollars américains entre 1990 et 1999, à 219 milliards de dollars américains entre 2010 et 2020 », peut-on lire dans le rapport. « Le déficit de protection contre les sinistres de catastrophe s’élève actuellement à environ 139 milliards de dollars américains par année. L’un des facteurs qui contribuent à cette accélération est le déplacement des populations et de leurs biens de valeur dans des zones à haut risque. » 

Le Bureau d’assurance du Canada (BAC) est d’avis que ce rapport montre à quel point il est urgent que les gouvernements s’attaquent au problème. Il dit qu’au Canada, les dommages assurés causés par des événements météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles ont dépassé les 3,1 milliards de dollars en 2022, ce qui en a fait la troisième pire année jamais enregistrée par le pays. Il ajoute que la somme que le gouvernement fédéral a budgétée pour venir en aide aux provinces après une catastrophe naturelle a augmenté de 466 %. Elle est passée de 305 millions de dollars pour 2004-2005 à presque 1,73 milliard de dollars pour 2023-2034.

« Le budget fédéral qui sera bientôt publié serait l’occasion de combler une lacune importante en matière de protection dans ce pays, si on annonçait un partenariat public-privé national pour fournir une assurance contre les inondations aux Canadiens les plus vulnérables », écrit Craig Stewart, le vice-président des questions liées aux changements climatiques et aux dossiers fédéraux pour le BAC. « Le travail de réflexion est terminé. Le temps est venu d’investir et de mettre tout ça en œuvre. »