RSA Canada poursuivra la mise en place de son plan d’affaires au Québec jusqu’à ce que la transaction Intact-RSA se concrétise pour de bon.

C’est ce qu’a affirmé son vice-président au Québec, Patrice Jean, lors du panel des dirigeants du congrès du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ), tenu en mode virtuel en raison de la pandémie de COVID-19.

« Le changement de propriétaire ne change pas le plan d’affaires tant que la transaction n’est pas conclue, et ce, même si les astres semblent alignés pour qu’elle se réalise, dit M. Jean. Nous sommes à la fois très clames et fébriles à l’interne, mais il n’y a aucun changement pour le moment. Nous sommes toutefois que cela peut créer de l’incertitude pour certains courtiers », a commenté M. Jean.

Jean-François Desautels, premier vice-président d’Intact Assurance au Québec, a aussi donné un éclairage sur la transaction qui fait passer RSA en son giron. « Ça fait une dizaine d’années que l’on parle de notre intérêt à faire des acquisitions. Une occasion s’est présentée avec RSA, ce qui nous amènera assurément plus de capacités en assurance spécialisée, notamment du côté des administrateurs et dirigeants (D&O) et des erreurs et émissions (E&O). »

M. Desautels a ajouté que la transaction permettra à Intact de développer de nouveaux outils et produits. « Nous aurons un grand apprentissage à faire. Nous avons bien hâte d’accueillir les employés de RSA. Les deux organisations continuent de travailler comme elles le font actuellement », a-t-il précisé.

Il reconnait que la transaction vient avec son lot de questions de la part des courtiers, notamment quant à son impact sur le marché. Les règles strictes liées aux diverses lois de valeurs mobilières l’empêchent toutefois de trop s’épancher sur le sujet.

« Dès que nous pourrons divulguer plus d’information, on le fera. On vise néanmoins à tirer profit des synergies, qui seront assez importantes dans cette acquisition », a-t-il stipulé.

Réhabilitation terminée

En ce qui a trait aux opérations courantes de RSA au Québec, Patrice Jean rappelle que l’assureur était dans une phase de réhabilitation à pareille date l’an dernier. Ses résultats se sont améliorés depuis, souligne-t-il.

RSA a en outre investi 500 millions de dollars en développement technologique au cours des derniers mois, dit M. Jean. L’argent a notamment servi à améliorer divers processus internes, mais aussi pallier à des irritants externes, tel le dédoublement de certaines informations ou encore à ce qui a trait au nombre de questions posées en souscription.

RSA a aussi développé hors Québec un outil en temps réel qui permet aux courtiers d’avoir de l’information sur le traitement des réclamations de leurs clients. « Ça s’en vient au Québec », a annoncé M. Jean.

RSA a aussi investi massivement dans des engins de tarification. Des ponts de connectivité ont aussi été réalisés avec certains courtiers, dit M. Jean.

Ne pas empiéter sur les champs de compétence des courtiers

En assurance des entreprises, RSA PRO permet maintenant d’engager une soumission et de facturer un client, tout en respectant le modèle d’affaire du courtier, dit M. Jean, car des courtiers préfèrent ne pas donner toute l’information d’un client à l’assureur, stipule-t-il.

M. Jean révèle que l’assureur a la même sensibilité au niveau de la gestion de l’espace client. RSA Canada préfère laisser le choix aux courtiers de choisir l’espace client qu’ils utilisent, notamment celui que des fournisseurs de systèmes de gestion de courtage mettent à leur disposition.

« Notre client, c’est le courtier. Le choix de l’espace client appartient au courtier. Technologie ne rime pas nécessairement avec une meilleure expérience client. Ça doit être une technologie intelligente. Nous voulons adapter des solutions entre courtiers et assureurs et ainsi avoir une masse critique d’information pour aider le courtier le plus possible. Il faut s’arrêter pour réfléchir ce que l’on veut faire », a-t-il précisé.

M. Jean rappelle que RSA a un modèle d’affaires ou on permet la délégation d’autorité en assurance des particuliers, modèle qui avait été développé par l’Union canadienne, que RSA Canada a acheté il y a plusieurs années. « C’est la chose la moins technologique possible, mais elle permet au courtier d’offrir une excellente expérience client, car celui-ci peut clore sa soumission alors qu’il est au téléphone avec son client. »

Assurance des entreprises et marché dur

M. Jean a aussi souligné que RSA Canada a fait partie des assureurs qui ont dû opérer un correctif dans leur souscription en assurance des entreprises. Il se dit conscient que la situation a fait en sorte qu’il était difficile pour les courtiers de placer des risques dans un tel contexte.

« Une stabilisation s’en vient, croit M. Jean. Le pire est derrière nous, tout comme les grands redressements. Nous aurons un plus grand appétit en 2021. L’industrie a toujours fonctionné par cycles et ça se poursuivra. »

En ce qui a trait à la pandémie de COVID-19, est-il possible d’avoir des solutions concertées entre assureurs, de se rapprocher ou encore de faciliter le processus pour les courtiers ? « Il y a une écoute pour trouver des solutions concertées, dit M. Jean. Le marché demeure concurrentiel. Il a intérêt à le demeurer. Toute solution concertée vient toutefois avec le danger d’éliminer cet avantage concurrentiel. Ça doit être usé avec parcimonie. »