La crise des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) qu’a fait éclater la pandémie a sensibilisé la population à l’importance des soins de qualité en cas de perte d’autonomie. La demande demeure pourtant quasi inexistante dans le marché de l’assurance soins de longue durée.

À son plus fort, ce marché comptait 10 fournisseurs offrant au total 12 produits. Seuls trois sont encore offerts : deux pour Sun Life (Assurance de soins de longue durée Sun Life et Assistance santé-retraite Sun Life) et un pour Croix Bleue Canassurance (Tangible, offert au Québec et en Ontario).

Les ventes demeurent anémiques, dit Robert Dumas, président et chef de la direction de Sun Life au Québec. « Peu de joueurs offrent ces types de produits au Canada. Il n’est donc pas possible de procéder à une analyse en profondeur des ventes. On observe néanmoins que les ventes associées à ces produits demeurent relativement modestes, tant au Québec qu’au Canada », explique-t-il.

Il dit que plusieurs compagnies ont arrêté d’offrir l’assurance soins de longue durée en raison des risques. En effet, les risques d’un séjour prolongé en CHSLD sont d’après lui difficiles à quantifier et potentiellement importants, financièrement. « Ce que ça coute aujourd’hui en établissement de soins de longue durée est totalement différent de ce que ça coutera dans 20 ans », dit M. Dumas.

Seul réassureur qui acceptait encore de soutenir ce marché au Canada, Munich Re a lancé la serviette en 2018. Robert Dumas ajoute que le système de santé publique rend moins évident le besoin d’une assurance de soins de longue durée.

Il croit que l’industrie doit revoir sa stratégie à la lumière du vieillissement de la population et de la cohorte des babyboumeurs qui arrivent à la retraite. Il faut selon lui passer d’une solution qui procure des revenus pour payer les soins à une solution axée sur la prévention.

« La solution ne passera peut-être pas par des produits d’assurance, mais plutôt par une planification à la retraite. Une planification qui estime ce que pourrait couter un hébergement pour soins de longue durée », expose-t-il.

Il croit que la conversation autour de cette planification devrait passer par le conseiller. « Dorénavant, les conseillers financiers doivent aborder plus directement ce sujet dans la planification à la retraite du client. Lui dire : “Voilà quels sont vos besoins en cas de perte d’autonomie et comment vous pouvez les combler.” Cette étape dans la vie du client donne la plus belle image de la valeur d’un conseiller financier », soutient M. Dumas.

Cet article est un Complément au magazine de l'édition d'avril 2021 du Journal de l'assurance.