Les régimes de retraite ont amélioré leur solvabilité au cours du troisième trimestre de 2020. C’est ce qu’indiquent les firme de recherche Mercer et Aon dans leurs derniers rapports sur la question.
L’indice de Mercer qui établit la solvabilité d’un régime moyen est passé de 101 % à la fin du mois de juin à 107 % à la fin septembre.
Le ratio de solvabilité médian de la firme, par rapport au deuxième trimestre, a augmenté de 2 points de pourcentage pour atteindre 93 % au troisième trimestre.
Résilience des régimes
Mercer indique dans son rapport que les niveaux de capitalisation des régimes à prestations déterminées ont continué de récupérer une partie des pertes enregistrées au premier trimestre. « La plupart des régimes à prestations déterminées ont fait preuve de résilience à l’égard des nombreux défis qu’ont offerts les neuf premiers mois de 2020 », indique F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer Canada.
Les actions sur les marchés boursiers ont généré de « solides rendements », dit la firme. Cette dernière ajoute que les rendements obligataires ont chuté en septembre et qu’ainsi, il n’y a pas eu beaucoup de changement par rapport au deuxième trimestre.
Chez Aon, c’est le même constat. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite à prestations déterminées a augmenté de 3,6 points de pourcentage pour atteindre 99 % à la fin du troisième trimestre.
« Le rebond a été assez remarquable depuis la fin du premier trimestre et nous sommes presque revenus à un statut de provisionnement complet. La différence majeure est que les taux d’intérêt sont en baisse et qu’une grande partie de l’amélioration a été basée sur la rentabilité des actifs à rendement », dit Claude Lockhead, associé exécutif des Solutions pour la retraite chez Aon.
Placements rentables
D’après le rapport de Mercer, le « rendement d’un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite » a eu un rendement de 3 % au troisième trimestre de 2020.
« La remontée des actifs à risque s’est poursuivie durant toute la première moitié du troisième trimestre en raison des politiques monétaires de relance et des signes d’une reprise économique mondiale », a indiqué Jean-Pierre Talon, membre du partenariat de Mercer Canada.
Risques à venir
Erwan Pirou, directeur des placements au Canada pour Aon, souligne toutefois que « les derniers mois ont probablement été le calme avant la tempête ». Il explique que la deuxième vague de la pandémie de la COVID-19, caractérisée par une augmentation des cas en automne et en hiver, et la réduction de l’aide gouvernementale constituent des facteurs de risque pour les régimes de retraite et les placements.
Même son de cloche du côté de Mercer, qui ajoute que les élections américaines du mois de novembre posent aussi un risque sur les régimes. Jean-Pierre Talon souligne que tous ces facteurs de risque ont entrainé des pertes au niveau des actions à la fin du mois de septembre.
« Certaines préoccupations ont aussi refait surface quant à la possibilité d’une hausse de l’inflation à moyen et à long terme après des mesures de politiques monétaires et budgétaires sans précédent en réponse à la crise », ajoute-t-il.
Agir maintenant
D’après Claude Lockhead de chez Aon, il est toujours possible de se préparer à « un éventuel ralentissement » et de réduire ou d’éliminer complètement les risques qui y sont associés.
« Beaucoup d’outils sont disponibles maintenant, mais la période pour adopter ces mesures est courte en ces temps instables. Plus que jamais, il est temps d’agir maintenant », explique-t-il.
« Le degré d’incertitude que nous connaissons aujourd’hui est sans précédent », ajoute F. Hubert Tremblay. Les promoteurs de régimes doivent évaluer l’impact de divers scénarios et ajuster leur profil de risque en conséquence. »