Après la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan et la Nouvelle-Écosse en mai, les dommages causés par les feux de forêt deviennent de plus en plus préoccupants au Québec. On prévoit déjà que de nombreux brasiers brûleront durant tout l’été, car le territoire concerné est vaste et les ressources pour éteindre les feux sont insuffisantes. 

Plusieurs municipalités du nord-ouest du Québec ont été menacées par le feu ces derniers jours. La Sécurité publique a ordonné l’évacuation de certains secteurs habités menacés par les incendies en forêt dans le nord-ouest du Québec. 

Après la municipalité de Lebel-sur-Quévillon le 2 juin, c’était au tour de la municipalité de Chibougamau, qui compte 7 500 habitants, d’ordonner l’évacuation à 21 h 07, le 6 juin. 

Les citoyens de Chibougamau et de la communauté crie d’Oujé-Bougoumou ont dû prendre la route en soirée pour se réfugier ailleurs au Saguenay–Lac-Saint-Jean, principalement à Roberval.

À Senneterre, où une partie de la population de Lebel-sur-Quévillon avait été dirigée, on a aussi décrété l’état d’urgence en raison de la proximité d’un feu et de la mauvaise qualité de l’air. 

Pas de répit 

Aucun répit n’est prévu dans les prochains jours concernant les conditions qui frappent les régions de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. En Haute-Mauricie, le territoire au sud du réservoir Gouin est aussi touché par le feu qui menace les villages de Clova, de Parent et les communautés atikamekws de ce territoire. 

En date du 2 juin, rapporte Aon dans son bulletin hebdomadaire sur les catastrophes naturelles, l’organisme pancanadien des agences provinciales de lutte contre les feux de forêt déclarait que près de trois millions d’hectares de forêt ont été touchés par les flammes au pays.

En moyenne durant 10 années précédentes, à pareille date, on rapporte des superficies brûlées de 241 300 hectares. 

Dans la région de Halifax en Nouvelle-Écosse, un feu de 836 hectares a causé des dommages à 200 immeubles, dont 150 résidences, selon les estimations préliminaires. 

Au Québec, le territoire incendié était estimé à 46 400 hectares en date du 2 juin, mais cette superficie a été multipliée de plusieurs fois depuis. 

En Côte-Nord 

Des évacuations similaires ont eu lieu la semaine précédente dans les environs de Sept-Îles, sur la Côte-Nord. Les systèmes de distribution d’électricité de la région ont aussi été perturbés par les feux. 

La Côte-Nord n’est pas épargnée par un autre sinistre qui n’a rien à voir avec le climat. Le 30 mai dernier, la Minganie a perdu son seul lien routier, la route 138, qui la relie à Sept-Îles. Le pont Touzel qui enjambe la rivière Sheldrake à Rivière-au-Tonnerre est fermé à la circulation en raison d’une fissure sur la structure de l’ouvrage.

Les détaillants en alimentation et les essenceries à l’est en Minganie sont forcés de rationner leurs clients depuis une semaine. Le ministère des Transports a annoncé la réouverture partielle du pont aux véhicules légers, mais les camions ne peuvent toujours pas emprunter l’infrastructure. 

Un rappel 

Le 1er juin dernier, le Bureau d’assurance du Canada au Québec a publié un communiqué pour rappeler que les contrats d’assurance habitation couvrent les dommages par le feu.

S’il y a un ordre d’évacuation, les assurés ont aussi droit au remboursement de frais de subsistance supplémentaire pour une période maximale de 14 jours. Des frais de subsistance sont aussi prévus si les consommateurs sont forcés de se reloger pour la période de temps nécessaire à la réparation des dommages, selon le montant d’assurance prévu au contrat. 

Le Bureau a rappelé les consignes d’usage de prévention et de sécurité. Il faut notamment prévoir un plan d’urgence et une trousse de secours si la famille doit évacuer le domicile.

On suggère aussi de préparer et de tenir à jour un inventaire de la résidence, incluant des photos et des vidéos.

Le Bureau recommande enfin aux assurés de garder en un lieu accessible les renseignements sur leur police ainsi que les coordonnées de leur assureur.