Les assureurs de dommages du Canada devraient maintenir leur cote de crédit en 2023, car la tendance du marché leur est favorable, selon l’agence DBRS-Morningstar

Le commentaire de l’agence a été publié le 18 janvier. Signée par Nadja Dreff, vice-présidente principale et chef de l’assurance au Canada, et Marcos Alvarez, vice-président principal et chef du groupe mondial en assurance, l’analyse prévoit une année globalement plus positive pour les assureurs de dommages. 

Les assureurs canadiens ont eu une cote stable durant toute l’année 2020, puis les perspectives positives ont été inscrites à la cote de 20 % en 2021, puis de 80 % des assureurs en 2022.

DBRS-Morningstar cite en exemple les assureurs suivants qui améliorent les perspectives de l’industrie canadienne : 

  • les acquisitions stratégiques réalisées par Intact Corporation financière sont maintenant bien intégrées et lui donnent une importance plus internationale et de meilleures perspectives de profitabilité ; 
  • Trisura a su profiter des occasions pour augmenter ses parts en cautionnement malgré le contexte très concurrentiel de ce marché en Amérique du Nord ; 
  • Fairfax, la société qui détient Northbridge Assurance, a aussi élargi sa présence à l’international, ce qui diversifie son portefeuille et améliore son profil de risque ; 
  • Definity a réussi la démutualisation d’Economical et son appel public à l’épargne, en plus de poursuivre son virage numérique et d’obtenir de meilleures marges d’exploitation, ce qui l’aidera à devenir l’un des principaux joueurs sur le marché canadien ; 
  • En octobre 2022, l’assureur Co-operators a vu sa cote de crédit être améliorée après avoir renforcé sa performance tout en faisant croître ses affaires.

Co-operators est le seul assureur cité en exemple dont les perspectives sont jugées stables, alors que celles des autres assureurs ci-dessus mentionnés sont qualifiées de positives. 

Hausse des taux 

L’année 2022 a été marquée par une inflation relativement importante, après plusieurs années de relative stabilité. La Banque du Canada a augmenté le taux préférentiel de 400 points de base. Cela a permis de faire baisser le taux d’inflation depuis juin 2022, lequel demeure encore largement plus haut que la fourchette de 1 à 3 % visée par la banque centrale. 

Une inflation incontrôlée a généralement un impact négatif sur la rentabilité des assureurs de dommages, car les coûts de réclamation augmentent plus vite que les prévisions actuarielles qui ont servi à déterminer la prime prévue dans les contrats, en plus d’augmenter les dépenses de l’entreprise de manière générale. 

Les primes directes souscrites ont grimpé de 7 % durant les neuf premiers mois de 2022, comparativement à la même période de 2021. Cependant, les coûts d’exploitation ont grimpé de 8,3 % durant la même période. 

Le ratio combiné des assureurs canadiens n’a cessé de s’améliorer depuis 2019, passant de 99,82 % à 83,30 % au 30 septembre 2022. Les conditions du marché demeureront difficiles en 2023, ce qui devrait continuer d’avoir un impact positif sur les primes directes souscrites.

Les coûts de la réassurance ont grimpé à l’été 2022 et encore plus au moment de renouveler les contrats en 2023, notamment en raison des catastrophes naturelles. Cela incitera les assureurs à maintenir de la rigueur dans les conditions de souscription et la tarification. 

D’autres facteurs doivent être considérés comme des menaces à la solidité financière des assureurs de dommages canadiens. La possibilité d’un ralentissement économique, voire d’une récession, peut réduire la consommation et pousser des clients commerciaux à la fermeture.

Les analystes de DBRS-Morningstar estiment néanmoins que les assureurs de dommages sont moins vulnérables aux aléas de l’économie, car bon nombre de produits d’assurance sont à l’abri des tendances en raison de leur caractère névralgique.