L’Institut Swiss Re met en garde les assureurs maritimes, les incitant à ajuster les primes en fonction des risques couverts, à mieux gérer les expositions et à renforcer les mesures de prévention en collaborant avec leurs clients pour améliorer la sécurité. En effet, l’augmentation des risques géopolitiques menace de ralentir les flux commerciaux mondiaux.

La demande pour l’assurance maritime est probablement plus forte, avec une hausse de 6,6 % du trafic de conteneurs dans les ports en 2023 et jusqu’en août 2024.

« Cependant, les risques géopolitiques représentent une menace, car des tensions accrues pourraient affecter les volumes et la demande dans un avenir proche », indique l’institut dans son dernier rapport économique intitulé Marine insurance: geopolitical tension creates a choppy outlook for seaborne trade. « L’assurance maritime est particulièrement exposée aux risques géopolitiques. »

Tensions commerciales

Parmi ces risques, l’institut souligne que les itinéraires maritimes alternatifs plus longs augmentent les expositions et les incertitudes, tandis que la congestion des ports peut accroître les risques d’accumulation pour les assureurs. Toutes escalades des conflits pourraient également poser des défis aux assureurs maritimes, avec le potentiel de générer des pertes. « Elles ont aussi un impact direct sur le commerce et, par conséquent, sur la demande de couverture », avertit l’institut.

« Les tensions commerciales pourraient directement influencer la demande d’assurance maritime en réduisant les flux commerciaux. En 2019, lors des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la baisse de la demande de transport maritime avait entraîné une chute de 15 % des primes d’assurance maritime en Amérique du Nord. »

Dans son rapport, l’Institut Swiss Re aborde également les tarifs commerciaux plus élevés et les pays soumis à des sanctions commerciales, tout en évoquant l’opportunité d’une couverture élargie offerte par la transition vers le net zéro.

L’institut souligne que seulement 6 % de la flotte mondiale est actuellement équipée pour utiliser des carburants alternatifs à plus faible teneur en carbone, contre 2,3 % en 2017. En 2023, 45 % des nouvelles commandes de navires concernaient des navires conçus pour fonctionner avec des carburants alternatifs, dont le gaz naturel liquéfié (GNL).

« Les assureurs maritimes peuvent faire face aux risques géopolitiques en ajustant leurs primes, en gérant les expositions et en renforçant les mesures de prévention », conclut l’institut.

Un dossier sur l’assurance maritime est à lire dans l’édition de septembre du Journal de l’assurance.