Relève, technologie et notoriété des courtiers. Voici les trois grands axes retenus par le Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ) pour guider sa planification stratégique 2020-2023.
Le syndicat des courtiers en assurance de dommages au Québec réalise cet exercice tous les trois ans. Le premier chantier qui y est identifié pour l’exercice 2020-2023 est de répondre à l’urgence technologique que commande l’environnement d’affaires actuel
« Dans ce contexte, nous devons être proactifs et saisir les opportunités pour nous développer, a commenté Sylvain Turgeon, président du conseil d’administration du RCCAQ. Dans les dernières années, nous avons mis, ensemble, beaucoup d’efforts pour obtenir un cadre dans lequel le courtage pourra continuer d’évoluer ».
À ce moment de son existence, le RCCAQ veut agir de manière à appuyer concrètement ses membres dans leur transition technologique et effectuer les représentations nécessaires pour soutenir les courtiers dans leur virage numérique, dit M. Turgeon. « Des actions concrètes en ce sens sont en marche, notamment avec le déploiement d’un nouvel outil en français d’intelligence artificielle, rendues possibles par la collaboration de l’assurtech ProNavigator et le soutien de l’Office québécois de la langue française », mentionne-t-il.
Le défi de la relève
Viennent ensuite les problèmes de relève, qui touchent l’industrie depuis plusieurs années. À cet effet, le RCCAQ cite un sondage commandé par la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages et réalisé par la maison de recherche SCOR qui indique que 68 % des entreprises de l’industrie du courtage considèrent le marché actuellement en manque de ressources. De plus, 72 % des répondants estiment quant à eux que le recrutement est difficile.
Dans ce contexte, il était impératif pour le RCCAQ d’intégrer cet enjeu dans sa réflexion stratégique, dit M. Turgeon. « En s’attaquant aux problèmes de relève, le courtier conservera la marge de manœuvre nécessaire pour faire prospérer son cabinet. Différentes stratégies seront ajoutées à celles déjà existantes », affirme-t-il.
Le RCCAQ a donc décidé de bonifier ses actions structurantes en la matière. « Nous voulons que la profession de courtier soit mise davantage de l’avant auprès de la relève. Nous souhaitons aussi mieux outiller les courtiers pour attirer et retenir les employés », a précisé M. Turgeon.
Poursuivre le travail de représentation
Quant au rehaussement de la notoriété du courtage, il passera par son travail de représentation auprès des gouvernements, mais aussi par de nouvelles initiatives. Son but : valoriser la profession auprès du grand public.
« Nous profitons déjà de l’Association des courtiers d’assurance du Canada (ACAC) à cet égard. Ses campagnes publicitaires nationales présentent le travail essentiel de conseil effectué par le courtier auprès de ses clients. Il en demeure néanmoins que les membres du RCCAQ gagneront à faire connaitre encore davantage le travail du courtier auprès des consommateurs. Le Regroupement compte bonifier son plan d’action pour mener à bien cet objectif », dit M. Turgeon.
Actif avant le dépôt du budget
Preuve que le travail de représentation se poursuit, le RCCAQ a déposé un mémoire de 16 pages à l’intention du ministère des Finances du Québec en vue du dépôt du budget provincial, qui se fera le 10 mars prochain. Le RCCAQ y fait quatre recommandations.
Première recommandation : créer une nouvelle version des missions internationales de recrutement avec des représentants de plusieurs industries, plutôt qu’avec des entreprises seules. « Ces Journées Québec + auraient comme objectif de recruter des talents dans des pays francophones et d’optimiser la représentation de secteurs d’activités qui font face actuellement à un manque de main‐d’œuvre », peut-on lire dans le mémoire du RCCAQ.
Le syndicat des courtiers demande aussi à ce que soit créé un fonds doté de 4 millions de dollars afin d’optimiser le travail des cabinets de courtage en assurance de dommages, notamment les plus petits. Le but du RCCAQ : rendre les cabinets plus compétitifs auprès de joueurs majeurs comme les assureurs directs. Dans son mémoire, le Regroupement indique que le gouvernement du Québec a bien saisi cet enjeu dans le domaine du commerce du détail. Il veut qu’il en soit de même pour les entreprises de service.
La sécurité des données guide la troisième recommandation du RCCAQ. L’organisme demande de favoriser la sensibilisation et l’accompagnement des cabinets de courtage sur les questions de cybersécurité afin de garantir une meilleure protection des données personnelles et confidentielles des consommateurs et entreprises du Québec.
Assurance des entreprises : des solutions à la crise de souscription
Le RCCAQ fait finalement mention de la crise de souscription qui se vit au Québec en assurance des entreprises. Il demande à ce que soit mis sur pied un forum d’échange permanent entre le régulateur, le gouvernement et le secteur de l’assurance afin d’aborder l’avenir et l’évolution de l’industrie. Un tel forum pourrait de plus traiter d’enjeux courants, tels que ceux actuellement présents en assurance des entreprises. Le RCCAQ avait déjà formulé au gouvernement la demande de créer ce forum l’an dernier.