Un Canadien sur cinq était âgé de 65 ans ou plus en 2023. Le vieillissement de la population s’accompagne inéluctablement d’une hausse du taux de mortalité au pays. Advenant un décès, c’est la famille qui est responsable de la prise en charge des funérailles du défunt. Trop souvent, des difficultés financières s’ajoutent à la détresse émotionnelle des proches

Pourtant, plus de la moitié (53%) des Canadiens ne veulent pas être un fardeau pour leur famille après leur départ, selon un sondage de RBC Assurances mené en juillet 2024. Plus encore, la quasi-totalité des répondants (82%) estime qu’il est important que leurs proches reçoivent rapidement de l’argent, pour éviter de devoir payer de leur poche leurs frais funéraires ou les autres dépenses de fin de vie.

Même si beaucoup disent vouloir protéger financièrement leur clan après leur disparition, la plupart admettent aussi ne pas planifier activement la réalisation de cet objectif.

Des retraités mal couverts 

Le sondage de RBC Assurances montre que seulement 15% des Canadiens ont prévu comment leur argent et leurs biens seront transférés à leurs proches après leur décès. Certes, cette proportion augmente avec l’âge, mais elle n’atteint que 24% chez les retraités. De plus, moins de quatre retraités sur dix (38%) ont mis de l'argent de côté ou souscrit une assurance vie pour couvrir leurs frais funéraires.

Ce groupe de population est moins bien informé que les autres sur les différents types de polices d'assurance, négligeant ainsi les solutions qui pourraient les aider à atteindre leurs objectifs, met en évidence l’enquête de RBC Assurances. D’autant qu’avec l’allongement de l’espérance de vie, qui atteignait près de 83 ans en moyenne en 2023, les aînés ne disposent pas toujours d’une couverture d’assurance vie suffisante. 

Mathieu Houle

« Planifier ses funérailles demeure un sujet tabou : ce n’est pas tout le monde qui veut en parler, et qui veut le régler », souligne Mathieu Houle, directeur général de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ), le troisième plus gros réseau d’accompagnement des familles au Canada.

Des funérailles de plus en plus chères 

Le Réseau Dignité, le plus important fournisseur de services funéraires, de crémation et de cimetière en Amérique du Nord, indique qu’en 2025, le coût moyen des funérailles se monte à 9 150 $ au Canada. Toutefois, cette moyenne cache de fortes disparités. La crémation, qui concerne environ trois quarts des décès au pays, s’avère généralement moins coûteuse qu’une inhumation traditionnelle. À service équivalent, la facture augmente dans les grands centres urbains, comme Toronto, Vancouver ou Montréal. Dans tous les cas, il faut ajouter les taxes pour connaître son montant total. 

Des prestations décès peu élevées 

Impossible donc de payer l’intégralité des funérailles avec la prestation de décès. Son montant est fixé à 2 500 $, et il est imposable. Pour y avoir droit, il faut avoir cotisé 10 ans au Régime des rentes du Québec (RRQ) et/ou au Régime de pensions du Canada (RPC), ou remplir les autres conditions d’admisibilité.

Au Québec, cette indemnité demeure inchangée depuis 1998. Ailleurs au pays, de nouvelles dispositions sont entrées en vigueur en janvier 2025. Le RPC peut désormais verser un montant complémentaire de 2 500 $ au liquidateur testamentaire ou à la personne ayant réglé les frais funéraires. Deux conditions doivent être remplies : l’inexistence de prestations du RPC ou du RRQ au défunt sur la base de ses cotisations (c’est-à-dire qu’il est décédé avant d’avoir perçu sa pension de retraite ou d’invalidité), et l’absence d’époux ou de conjoint de fait admissible à la pension de survivant.

Des frais de fin de vie qui s’additionnent 

Farzana Damji

« Mettre de l'argent de côté pour couvrir ses frais funéraires est un moyen important de protéger financièrement sa famille, mais ce n'est pas le seul coût à prendre en compte », relève Farzana Damji, directrice principale, développement de produits, chez RBC Assurances.

Les proches ou l’exécuteur testamentaire pourraient faire face à des dépenses supplémentaires, comme le paiement des mensualités d'un prêt immobilier ou d'un loyer, le remboursement de la carte de crédit et des dépenses médicales, ou les impôts de fin d'année. Ces dépenses imprévues peuvent nécessiter un paiement rapide. Or, la plupart des successions canadiennes prennent de 6 à 18 mois à être réglées, et certaines peuvent prendre des années, selon l’entreprise de solutions logicielles EstateExec.