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Vapotage : assureurs, attention aux diverses réglementations

par Frédérique De Simone | 30 janvier 2020 14h46

Photo: Unsplash | Daniele Levis Pelusi

Les réassureurs Hannover Re, Swiss Re et Munich Re ont récemment conseillé aux assureurs de personnes d’être prudents lorsqu’ils offrent de l’assurance à de jeunes vapoteurs, en particulier ceux qui utilisent des produits de vapotage contenant du tétrahydrocannabinol (THC), mise en cause dans une série de décès et d’hospitalisations.

Problème : la réglementation varie de façon considérable d’un pays à l’autre. Certains pays seraient donc plus exposés aux risques que d’autres, dit la firme d’analyse GlobalData.

Dangereux, le vapotage ?

Au pays de l’Oncle Sam, la vapoteuse ne fait pas bonne presse. Les autorités sanitaires américaines enquêtent encore sur l’épidémie de maladie pulmonaire grave associée au vapotage qui a d’ores et déjà touché 2 711 personnes et fait 60 morts au 21 janvier 2020, aux États-Unis. Les patients ont pratiquement tous été hospitalisés. Les causes et les produits fautifs ne sont toujours pas tous connus et identifiés.

Au pays de Big Ben, où aucun décès en lien avec la vapoteuse n’a été confirmé pour le moment, le vapotage est considéré comme étant 95 % plus sain que le tabagisme par les autorités sanitaires, notamment en raison de la réglementation plus stricte sur l’industrie du vapotage. Certains assureurs britanniques encouragent même les clients fumeurs à troquer la cigarette pour la vapoteuse et proposent des remises aux personnes qui vapotent. La cigarette électronique y étant considérée comme non nocive.

« Le vapotage au Royaume-Uni est davantage réglementé qu’aux États-Unis, explique Yasha Kuruvilla, analyste d’assurance chez GlobalData. Des produits contenant du THC ou de l’huile de cannabis sont disponibles dans certains États américains, mais ils ne sont pas autorisés à être vendus au Royaume-Uni. C’est probablement la principale raison pour laquelle il n’y a eu aucun décès confirmé lié au vapotage au Royaume-Uni. L’état de la réglementation dans une région est donc un élément clé que les assureurs doivent prendre en compte lors de la souscription de polices. »

Quid du Canada ? « Au Royaume-Uni, le vapotage est considéré comme une alternative à la dépendance au tabac, de sorte qu’il existe des boutiques de vapotage dans les hôpitaux. Le contexte canadien est différent notamment en raison de l’importance du vapotage chez les jeunes et des produits provenant du marché noir », a mentionné l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP) au Portail de l’assurance.

Le Canada sur ses gardes

« À l’heure actuelle, il n’y a pas de consensus scientifique sur l’impact du vapotage sur la santé. Ainsi, pour le moment, les assureurs canadiens traitent généralement le vapotage comme le tabagisme, qu’il y ait ou non de la nicotine dans le liquide. En assurance vie, cela veut donc dire qu’une personne qui vapote sera tarifée au même titre qu’une personne qui fume », tranche l’ACCAP.

Du côté de Santé Canada, c’est presque le même son de cloche. « Si vous ne fumez pas, ne vapez pas », a-t-on dit au Portail, en insistant sur la réglementation et la représentation publicitaire qui tend à se resserrer. Contrairement aux États-Unis, certains produits, dont l’acétate de vitamine E, sont interdits dans les produits de vapotage canadiens, bien qu’ils puissent se retrouver dans les produits vendus sur le marché noir. Les vapoteuses au cannabis ne trouveront pas non plus leur place sur les tablettes de la Société québécoise du cannabis (SQDC), a déclaré le gouvernement du Québec en novembre.

Maladie mortelle : la Vitamine E en cause

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), principale agence fédérale des États-Unis en matière de protection de la santé publique, sont parvenus à établir un lien entre les vapoteurs qui ont des lésions pulmonaires et l’acétate de tocophérol, une forme synthétique de la vitamine E présente dans les produits topiques ou dans les suppléments alimentaires.

La vaporisation à haute température de cet additif pourrait avoir endommagé les poumons des fumeurs. Les producteurs d’huile de cannabis pour des produits de vapotage l’ont additionnée à l’huile pour épaissir le liquide. Les autorités ont indiqué que son inhalation était dangereuse et pourrait fort bien être la cause des blessures aux poumons.

La plupart des produits de vapotage contenant du THC testés par la Food and Drug Administration (FDA) dans le cadre d’une enquête contenaient des quantités importantes d’acétate de vitamine E.

 

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