Charles Brindamour, chef de la direction d’Intact Corporation financière, dit observer une modération « prudente » des tarifs en assurance automobile au Canada.

Il dit toutefois s’attendre à ce que la hausse des taux reprenne d’ici les douze prochains mois, alors que l’activité de conduite des Canadiens est cinq points de pourcentage sous le niveau de celle d’avant la pandémie de COVID-19.

M. Brindamour a partagé ses impressions avec des analystes financiers lors d’une conférence téléphonique suivant la divulgation des résultats du deuxième trimestre de 2021 d’Intact Corporation financière.

Un PDG confiant

Peut-on s’attendre à ce que les ratios combinés en assurance automobile s’améliorent une fois les choses revenues à la normale, empêchant une hausse des tarifs ? M. Brindamour dit ne pas s’en inquiéter.

« Ce marché est hyper concurrentiel. Il a toujours été très compétitif. L’industrie en moyenne a présenté un rendement de l’avoir des actionnaires à une décimale. Rattraper la hausse des coûts dans cet environnement hautement concurrentiel a été un défi pour l’industrie. C’est pourquoi aller au-delà des résultats de l’industrie est essentiel dans ce secteur », affirme M. Brindamour. Il ajoute qu’Intact s’est fixé un objectif en ce sens.

Il dit aussi croire que l’industrie dans son ensemble est entrée dans la pandémie avec beaucoup de travail à faire en assurance automobile. Intact s’attelle à cette tâche depuis 2016, affirme M. Brindamour.

« Une grande partie de ce travail est derrière nous. Je ne pense pas que ce soit le cas au niveau de l’industrie. Il n’est pas nécessaire de remonter trop loin pour constater que l’industrie, même en 2020, a connu une évolution défavorable et des résultats toujours médiocres au premier semestre. Je ne suis pas vraiment inquiet à ce sujet. L’industrie est assez compétitive. Ce sur quoi les gens de l’industrie devraient se concentrer, dans mon esprit, c’est de s’assurer que les prix sont adéquats lorsque les niveaux de conduite reviendront à la normale, en tenant compte de la pression qui existait dans le système avant la pandémie de COVID-19 », dit M. Brindamour.

Le chef de la direction d’Intact dit ainsi avoir l’impression que la compagnie qu’il dirige est « vraiment bien » placée à l’heure actuelle en assurance automobile au Canada, compte tenu du travail effectué à cet égard, de sa tarification, et aussi de sa rapidité de réaction lorsque nécessaire.

À quoi ressemblera le retour à la normale ?

Isabelle Girard, vice-présidente directrice, assurance des particuliers, dit s’attendre à ce que la normale des choses soit différente après la pandémie.

L’assureur a analysé étroitement ses données de télématique, a-t-elle révélé. Des constats s’en dégagent.

« Bien que le nombre de kilomètres parcourus soit un facteur qui a changé avec la pandémie, d’autres habitudes ont aussi changé », dit-elle. Il en va ainsi de leur façon de conduire et des trajets effectués, soutient-elle. Intact a remarqué que, lors des week-ends, l’heure de pointe et les embouteillages sont de retour à des niveaux historiques. Durant la semaine, toutefois, les heures de pointe sont toujours en dessous des niveaux historiques. En plus, au cours des dernières semaines, l’assureur a noté une reprise du transport en commun.

L’analyse des données de télématique continuera donc de jouer un rôle crucial dans les prochains pronostics d’Intact, dit Mme Girard. « Nous pensons qu’avec nos données, nous serons prêts à identifier rapidement toute nouvelle tendance qui pourrait durer après la pandémie pour ainsi adapter nos prix en conséquence », dit-elle.

Des sinistres plus dispendieux

Autre preuve selon Intact que la tarification de l’assurance automobile n’ira pas à la baisse est le fait que les sinistres y sont de plus en plus coûteux. La faute en revient à l’usage accru de la technologie dans les véhicules routiers, a expliqué Patrick Barbeau, premier vice-président directeur et chef de l’exploitation d’Intact.

« La technologie utilisée dans les automobiles augmente le coût des pièces et rend plus complexe le processus de réparation. Ce n’est pas quelque chose de nouveau à notre avis. On en parle depuis un moment. Cela continue néanmoins de faire pression sur la sévérité des sinistres », dit M. Barbeau.

Il ajoute qu’Intact a néanmoins le pouvoir de faire refléter le tout rapidement dans sa tarification, étant donné que chaque prime est spécifique à la marque, le modèle et l’année du véhicule. « À mesure que de nouveaux modèles sortent sur le marché, nous exploitons nos données sur les réclamations pour évaluer cette complexité dans le processus de réparation avant même que l’expérience des réclamations ne le montre réellement. Nous avons soutenu cela avec nos actions dans les réclamations et la chaîne d’approvisionnement pour permettre d’atténuer ce chiffre au cours des deux dernières années. Ainsi, dans l’ensemble, nous avons constaté une augmentation moyenne à une décimale des coûts de réparation au cours de la dernière année », dit M. Barbeau.

Quel impact a le prix des voitures neuves sur la prime des voitures d’occasion ? Il y a un effet, révèle M. Barbeau. « Là aussi, notre tarification peut s’ajuster très rapidement pour les nouvelles voitures et s’adapter à la dépréciation des modèles plus anciens », dit le premier vice-président directeur et chef de l’exploitation d’Intact.

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