La firme de notation AM Best a revu les perspectives de croissance des assureurs canadiens dans le contexte de la COVID-19.
Les assureurs de dommages maintiennent une perspective de croissance stable. Mais pas les assureurs vie. AM Best a revu à la baisse leur perspective de croissance, qui passe de stable à négative.
Pourquoi ce pessimisme envers les assureurs de personnes ? Tout d’abord, parce que les analystes de la firme de notation s’attendent à une forte contraction de l’économie canadienne. Cela aura un impact sur la croissance des assureurs vie, affirment-ils. S’ils sont chanceux, la reprise économique se fera en V. Une longue dépression serait davantage néfaste pour eux, ajoutent-ils.
Vient ensuite un facteur qui hante la rentabilité des assureurs vie depuis un bon moment : la faiblesse des taux d’intérêts. À cela s’ajoute le déclin marqué du prix du pétrole, en plus de la chute de la demande dans les secteurs de l’hôtellerie, du transport et du tourisme. L’impact négatif qui en découlera sur l’économie canadienne aura son impact sur les assureurs de personnes, croient les analystes d’AM Best.
Autre facteur négatif : les pressions règlementaires à venir. Les analystes d’AM Best disent s’attendre à ce que le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) fasse pression sur les assureurs pour qu’ils réduisent, voir éliminent, les programmes de dividendes versés à leurs actionnaires.
Pourquoi l’assurance de dommages s’en tire mieux ?
Quant au maintien de la perspective de développement stable pour les assureurs de dommages canadiens, les analystes d’AM Best la justifie par la rentabilité opérationnelle continue de l’industrie, en plus de ses capacités de souscription et de distribution. Ce qui ne veut pas dire que la pandémie ne pèsera pas sur leurs activités.
Les analystes d’ AM Best rappellent que les assureurs de dommages ne savent jamais si Mère Nature sera clémente avec eux ou pas. En plus de cette volatilité climatique, s’ajoute celle de l’économie, jumelée aux pressions règlementaires, sans oublier la vive concurrence que l’on retrouve dans l’industrie.
En termes de réclamations, les conséquences de la pandémie de la COVID-19 sont au mieux incertaines, affirment les analystes d’AM Best. Certains segments subiront plus de réclamations, alors que d’autres en subiront moins, disent-ils.
En assurance des entreprises, comme la police type n’offre pas de protection en matière d’interruption des affaires lors d’une pandémie, les pertes devraient être limitées en la matière. En assurance des particuliers, comme les gens conduisent moins leurs voitures, il devrait y avoir moins d’accidents.
Il se pourrait que l’inverse se produise en assurance automobile des entreprises, alors que le secteur du transport routier est essentiel à la livraison de produits de consommation. Ce qui pourrait y entrainer une hausse des primes, anticipent les analystes d’AM Best.
De plus, le déclin de l’activité économique risque de faire perdre des primes aux assureurs de dommages canadiens, tout comme le fait que les Canadiens conduisent moins leurs voitures. Reste aussi à voir si les régulateurs imposeront aussi de nouvelles mesures dans le futur aux assureurs de dommages.
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