MENU

La COVID-19 fait échouer une transaction majeure de l’industrie de l’assurance

par Aurélia Morvan | 20 mai 2020 09h55

Photo : Freepik

La COVID-19, qui a eu des conséquences sur les résultats financiers des compagnies d’assurance, a fait échouer une acquisition majeure de l’industrie.

Ainsi, la société de groupe d'assurance mutuelle française Covéa ne mettra finalement pas la main sur le groupe de réassurance bermudien PartnerRe, propriété de la société d’investissement Exor.

« Au vu des conditions actuelles sans précédent et des importantes incertitudes pesant sur les perspectives économiques mondiales, Covéa a indiqué à Exor que le contexte ne permet pas de réaliser le projet d’acquisition de PartnerRe selon les termes initialement envisagés », a déclaré Covéa dans un bref communiqué diffusé le 12 mai.

Exor rejette une renégociation

Dans la foulée, le conseil d'administration d'Exor a reconnu par voie de communiqué « le refus » de Covéa de finaliser l'accord conclu entre les deux entités. La compagnie a par ailleurs indiqué que PartnerRe « ne devrait pas être affecté de manière significative » par la COVID-19.

« Le conseil d’administration a donc réitéré sa ferme conviction que la vente de PartnerRe à des conditions inférieures à celles établies dans le protocole d'accord ne reflète pas la valeur de la société », dit Exor.

Les agences de notation réagissent

L’annonce de la transaction, faite le 3 mars, avait poussé Standard & Poor’s (S&P) a revoir les perspectives de notation de PartnerRe, les faisant passer de stables à positives. La firme de notation a fait marche arrière le 15 mai, en annonçant qu’elle replaçait les perspectives de notation de PartnerRe de positives à stables, du fait de l’annulation de la transaction. La firme maintient toutefois les notations de PartnerRe.

« Covéa a tenté de renégocier les termes de l'accord à la lumière de l'épidémie de COVID-19 et de la récession mondiale qui en a résulté, mais Exor a décidé de conserver la propriété de PartnerRe. Il est difficile de dire si l'accord pourrait être relancé, mais nous pensons que la probabilité est faible que cela se produise ou qu’Exor reçoive d'autres offres au vu de la dévaluation actuelle du secteur », a commenté S&P.

Les perspectives de notation de PartnerRe sont également stables du point de vue d’AM Best, qui a par ailleurs confirmé les notations du réassureur, le 14 mai. Le même jour, Fitch Ratings a revu les perspectives de notation de PartnerRe, mais les a pour sa part faites passer de positives à négatives, sans pour autant revoir les notations du réassureur.

Grandes ambitions pour Covéa

Covéa œuvre en assurance de dommages et responsabilité. Elle assure un ménage français sur trois, soit 11,5 millions d’assurés, par le biais de ses trois marques, la MAAF, MMA et GMF.

PartnerRe, qui est l’un des dix plus grands réassureurs mondiaux, propose des couvertures en assurance de dommages et en assurance de personnes principalement en Amérique du Nord et en Europe. Créé en 1993, aux Bermudes, à la suite du passage du très couteux ouragan Andrew, il avait été acquis par Exor en 2016, pour 6,7 milliards de dollars américains (G$ US).

Quatre ans après, en mars 2020, Exor avait conclu un accord de vente avec Covéa pour un montant total en espèces de 9 G$ US plus un dividende en espèces de 50 millions de dollars américains à verser avant la clôture. 

Cette acquisition, qui n'aura donc pas lieu, aurait dû permettre à Covéa « de consolider sa diversification et son internationalisation, en constituant un groupe d’assurance et de réassurance européen de premier plan, appuyé d’une part, sur une position de leader en assurances de dommages et responsabilité en France et d’autre part, sur un grand réassureur global et diversifié », avait déclaré Covéa en mars, au moment de l’annonce de la transaction.

Publicité
Sur le même sujet …
S&P