Les préoccupations des consommateurs et celles des assureurs face à la fraude pourraient ne pas être alignées. C’est du moins ce que laissent entendre deux sondages auprès des consommateurs, qui examinent les perceptions des Canadiens à l’égard de la fraude en assurance de dommages.

Le premier, mené par Léger pour TD Assurance auprès de 1 641 adultes canadiens en novembre 2025, révèle que plusieurs peinent à reconnaître à quoi peut ressembler la fraude à l'assurance dans la vie quotidienne.

Ce sondage, dont les résultats ont été dévoilés en mars 2026, met l’accent sur les comportements que les consommateurs eux-mêmes peuvent adopter et qui constituent de la fraude.

Selon TD, seulement 58% des répondants ont été en mesure d’identifier correctement des situations courantes de fraude dans la vie quotidienne. Parmi les scénarios analysés, figurent : ne pas mettre à jour son kilométrage après avoir conduit plus fréquemment; ne pas déclarer des locataires ou des activités de location à court terme dans une police d'assurance habitation; immatriculer un véhicule au nom d’un parent afin de réduire la prime; omettre un conjoint sur une police d'assurance automobile alors qu’il conduit régulièrement la voiture; ainsi qu'exagérer les coûts des réparations de son véhicule.

En parallèle, l’assureur relève que 90% des personnes sondées affirment que la fraude contribue à la hausse des primes et que 79% la considèrent comme un problème grave.

« Pratiquement tous les Canadiens sondés (96%) croient que d'autres personnes commettent de "petites fraudes", mais seulement 7% reconnaissent avoir eux-mêmes pu commettre un acte pouvant être considéré comme une fraude à l'assurance, même involontaire. Ce décalage met en lumière une mauvaise connaissance généralisée des problèmes inattendus que peuvent engendrer des détails facilement négligés, souvent sans que l'on s'en rende compte », indique TD dans un communiqué sur les résultats du sondage.

Les préoccupations des consommateurs

Un second sondage, réalisé par Nanos Research pour Aviva Canada en janvier 2026, s’est quant à lui penché sur les inquiétudes des consommateurs.

Les principales menaces de fraude en assurance perçues par les répondants incluent les collisions automobiles provoquées délibérément (une préoccupation pour 13,8% d’entre eux), la fraude liée aux réparations de véhicules (mentionnée par 11,7% des personnes sondées) et les individus non autorisés se faisant passer pour des courtiers d’assurance (une inquiétude relevée par 7,8% des répondants).

Au-delà de ces enjeux, les participants ont également exprimé des préoccupations concernant la fraude liée aux travaux de toiture ou de réparation au domicile, la majoration volontaire de la valeur des biens lors de l’indemnisation, ainsi que la modification du numéro d’identification d’un véhicule volé, communément appelé le « reNIVage ».

À peine 5,2% des répondants se disent préoccupés par le fait de fournir de fausses informations pour obtenir des primes d’assurance moins élevées.

En parallèle, Aviva précise que 59% des 1 569 personnes sondées affirment être préoccupées par l’impact des coûts de la fraude sur l’augmentation des primes.

(Avec la collaboration d'Amélie Cléroux)