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Déréglementation de Wall Street : les institutions financières canadiennes dans l’expectative

par Susan Yellin | 06 février 2017 13h30

Photo : Freepik

Les institutions financières canadiennes restent partagées entre espoir et inquiétude alors que la nouvelle administration américaine amorce un réexamen des réglementations introduites dans le sillage de la crise financière pour canaliser les excès du système financier.

« Je dirais que nous sommes dans une période très instable, et espérons ne pas avoir à faire face à de nouveaux obstacles, a ainsi déclaré Mark Hughes, chef de la direction des risques chez RBC, lors d’un séminaire à la Rotman School of Management. Pour la plupart des banques [étrangères], les États-Unis représentent le plus grand marché financier au monde. Il est très important pour la communauté financière de travailler ensemble et les États-Unis doivent faire partie de ce processus. »

Renverser la loi Dodd-Frank

Les commentaires de Mark Hughes sont intervenus juste un jour avant que le président américain Donald Trump signe un mémorandum visant à renverser la loi Dodd-Frank. Votée en 2010, celle-ci constitue la pierre angulaire de la réglementation de la finance instaurée par l’administration Obama après la crise financière de 2008 pour en canaliser les excès.

Le président Trump a également signé une ordonnance demandant l’examen de la règle fiduciaire qui oblige les professionnels des services financiers à agir dans le meilleur intérêt des clients en leur donnant des conseils sur leurs comptes de retraite.

Cette règle, qui a déjà fait l'objet de longues années de débats intenses et de lobbying au sein de l'industrie, devrait entrer en vigueur en avril 2017. Mais elle est susceptible de disparaître. En effet, Gary Cohn, ancien dirigeant de Goldman Sachs maintenant directeur du National Economic Council, a déclaré au Wall Street Journal qu'il voulait la voir disparaitre.

Volatilité sur l'avenir des règlements financiers

Sheryl Kennedy, chef de la direction de Promontory Financial Group Canada ULC et ancienne gouverneure adjointe de la Banque du Canada, a affirmé de son côté qu'il y avait beaucoup d'incertitude et probablement de volatilité sur l'avenir des règlements financiers jusqu'à ce que tout soit éliminé.

Cette dernière a également souligné que les banques canadiennes et les autres institutions financières devaient garder la tête basse pour le moment, et ne pas prendre de grandes décisions d'investissement.

Mme Kennedy a aussi relevé un motif d’espoir, dans l’hypothèse où Trump est en mesure de maintenir sa promesse électorale d'accroître la croissance de l'économie et de l'emploi. « Cela signifie habituellement qu’il y aura de nouvelles opportunités. »

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