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Des vétérans de l’assurance lancent leur cabinet de courtage par passion

par Hubert Roy | 20 septembre 2016 07h00

Y a-t-il une limite d’âge pour fonder un cabinet de courtage? Si on se fie à René Blier et Jacques Giard, absolument pas!

Avec plus de 40 ans d’expérience dans le domaine de l’assurance, René Blier a lancé à la fin de 2015 son cabinet de courtage, nommé Blier, Giesbrecht Assurances, établi à Trois-Rivières. Courtier producteur de longue date, M. Blier a tenté l’aventure des grands cabinets, mais n’a pas aimé l’expérience.

« Ça tue la profession. On y déshumanise l’approche client. Le service à la clientèle ne doit pas se résumer à tomber dans une boite vocale et composer le 1, le 2 ou le 3 », dit celui qui a enseigné les rouages de l’entrepreneurship pendant sept ans à divers entrepreneurs.

Pour se lancer dans cette nouvelle aventure, M. Blier s’est adjoint de deux juniors, qui ne sont pas des employés », précise-t-il. « Ce sont des associés à part entière et leur clientèle va leur appartenir », dit-il.

Il souhaite bien sûr que sa boite grossisse, mais tout en gardant son côté humain. « Lorsque le client s’adresse à nous, il souhaite toujours parler à la même personne. C’est l’avantage des petits bureaux. La proximité reste importante. Ça amène du réseautage, mais aussi l’humanisation du contact. L’aspect de localité demeure important, car le client qui veut un vrai conseil ira vers un courtier de proximité », dit M. Blier.

S’amuser pour le reste de sa carrière

Quant à Jacques Giard, la décision de lancer Motrex vient d’une réflexion bien murie. À 55 ans, il s’est questionné à savoir de quelle façon il pouvait le mieux s’amuser pour le reste de sa carrière. Ayant amorcé sa carrière en 1979 et ayant déjà été propriétaire d’un cabinet, il sait ce qui l’attend. « Ce n’est pas ma première start-up! Je suis aussi près du secteur manufacturier depuis 25 ans. J’en ferai ma cible », dit-il.

M. Giard a regardé pour acheter un cabinet déjà existant. Mais les prix demandés sont exorbitants, dit-il. Il a donc préféré investir sur lui-même.

« Je n’ai pas l’ambition de devenir un cabinet ayant 50 M$ de primes. Je veux avoir le plaisir de travailler de façon autonome, tout en servant la clientèle à ma manière », dit-il. Il est d’ailleurs toujours resté connecté à l’assurance au fil des ans, car sa conjointe occupe une fonction de direction au sein d’une bannière.

Choisir la bonne bannière

René Blier conseille aussi aux courtiers qui se lancent en affaires de bien choisir la bannière avec qui ils font affaires. « Il ne faut pas nécessairement rechercher la moins couteuse. Il faut avant tout porter attention à son expérience de sinistralité avec les assureurs. Si elle est bonne, ça devient intéressant de s’affilier, car ton cabinet ne sera pas pénalisé par la mauvaise expérience de la bannière », dit-il.

Pour son cabinet, M. Blier a arrêté son choix sur AssurExperts. « Le fait qu’ils me laissent ma clientèle a joué pour beaucoup. Ce sont de vrais partenaires et leurs contrats sont simples. Chacun fait son travail dans le respect. Ils respectent aussi leurs assureurs. On y combine la liberté nécessaire que doit avoir le courtier avec le pouvoir d’achat que peut avoir une bannière », dit-il.

M. Blier ajoute que la bannière est l’ingrédient essentiel pour le jeune courtier qui démarre son cabinet. « Il profite de son pouvoir d’achat. Il a à la fois les avantages d’être un petit cabinet, tout en ayant accès aux avantages des grands cabinets. Les bannières vont sauver le métier de courtier. Il est impossible de partir de zéro seul, même si des assureurs l’offrent », dit-il.

Investissement requis

Certaines rumeurs ont récemment fait état qu’il pouvait en couter jusqu’à 30 000 $ pour lancer un cabinet de courtage. M. Blier affirme qu’il l’a fait pour bien moins que cela. À la base, tout doit partir d’un bon plan d’affaires, dit-il. Il recommande fortement à tout aspirant propriétaire de cabinet de courtage de suivre le cours Faire son projet d’affaires, conçu par le gouvernement du Québec.

« Avoir son plan d’affaires est simple et utile. C’est une chose que l’on n’enseigne pas dans l’industrie de l’assurance. Dans les cégeps, on prépare plutôt les candidats à travailler dans l’industrie, chez un assureur, comme dans une machine à saucisses », déplore-t-il.

M. Blier estime qu’il ne doit pas en couter plus de 10 000 $ pour lancer son cabinet. Il dit s’en être tiré pour 7 000 $, ce qui inclut son assurance professionnelle et son inscription à l’Autorité des marchés financiers. Il opère de chez lui, ce qui lui enlève le cout du loyer. Il dit aussi travailler dans un environnement sans papier. Quant à son système de gestion de courtage (BMS), il a plutôt opté pour un système de gestion des documents qui lui coute 75 $ par mois. Il utilise un système provenant du milieu de l’assurance vie, auquel il a apporté des ajustements. « Pour un volume de un million de dollars et moins, la comptabilité peut se faire à partir d’un tableur Excel », précise celui qui a débuté sa carrière en assurance en 1974.

Il estime qu’un courtier qui lance son cabinet doit consacrer trois mois de travail pour bâtir son entreprise. C’est au cours du quatrième mois qu’il commencera à récolter les fruits de son travail, dit M. Blier.

Jacques Giard souligne qu’avant de considérer le montant pour lancer un cabinet, c’est l’investissement en temps qu’il faut considérer. « Ça peut prendre un an ou deux avant de faire de l’argent, dit-il. Mais même si un jeune peut investir 50 000 $ pour lancer son cabinet, c’est moins cher que de payer quatre fois les commissions pour en acheter un existant », dit-il.

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