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Deux bombes à retardement : les médicaments d’exception et les grands réclamants

par Alain Castonguay | 05 août 2010 15h25















Deux bombes à retardement guettent les régimes d’assurance collective au Québec : les médicaments d’exception et les grands réclamants.

Johanne Brosseau, de la firme Aon, soulève le problème des médicaments d’exception. Au Québec, c’est le gouvernement qui détermine quels sont les médicaments qui sont inscrits dans le Régime général d’assurance médicaments (RGAM), incluant certains médicaments très couteux. Les assureurs privés n’ont pas le choix de les rembourser.

Dans les autres provinces, ce sont les contribuables qui assument la facture des médicaments les plus couteux. Au Québec, les assureurs privés paient la moitié de la facture sans avoir rien à dire, souligne-t-elle. « Pendant combien de temps le Québec peut-il obliger les employeurs à rembourser du Remodulin (pour traiter l’hypertension artérielle) à 380 000 $ par année? »

L’autre problème qui persiste est la part de plus en plus grande prise par les grands réclamants dans le cout des régimes. « Quand je fais le tour des grandes entreprises, dit Mme Brosseau, les gens sont toujours surpris quand je leur montre nos données. Des demandes de remboursement pour des médicaments qui coutent plusieurs milliers de dollars, j’en vois passer toutes les semaines. »

Pierre Marion, de la Croix-Bleue Médavie, confirme l’évaluation faite par Johanne Brosseau sur la proportion des grands réclamants. « Chez les assureurs privés, on constate que 20 % des réclamants représentent 80 % des couts de l’assurance santé. C’est pour ça que l’ensemble de l’industrie a créé une société de mutualisation, pour partager les risques associés à ces maladies et éviter de nuire à l’expérience d’un petit groupe d’employés assurés », dit-il.

Mais le cout des primes liées à la mutualisation grimpe de manière exponentielle, ajoute Johanne Brosseau, et les employeurs rechignent. Cela ajoute de la pression sur la pérennité des régimes privés, dit-elle, car les employés aussi finiront par protester. Le gouvernement ferait mieux de ne pas attendre que 10 % des assurés représentent 90 % des couts pour agir, insiste-t-elle.

Alain Castonguay

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