Un employeur qui favorise le dépistage précoce et la prise en charge efficace du diabète de type 2 dans son entreprise y trouvera des avantages. Les diabétiques qui contrôlent mieux leur glycémie sont plus productifs et moins souvent absents du travail.
À La Capitale, la kinésiologue Mélina Lachance croit aux vertus du dépistage précoce et de la prise en charge du diabète de type 2 par un employeur. Elle en a vanté les mérites sur une entrée de blogue que l’on peut trouver sur le site Web de l’assureur.
Le son de cloche est le même chez Sun Life. « C’est un investissement rentable que d’offrir une séance de dépistage pour sensibiliser vos employés à risque afin qu’ils passent à l’action », soutient l’assureur dans une récente étude publiée sur le diabète.
Sun Life a aussi fait de la lutte contre le diabète une de ses priorités en matière de santé. Depuis 2012, l’assureur dit avoir injecté 25 millions de dollars pour freiner la progression de la maladie. Ses propres cliniques de dépistage ont montré leur utilité : 32 % des hommes et 27 % des femmes qui ont participé à ses séances avaient un tour de taille à risque et 59 % avaient un indice de masse corporelle à risques.
Pour rappel, Sun Life a étendu ses actions au plan social. En novembre 2018, elle a versé 450 000 $ à la Fondation de l’Institut de cardiologie de Montréal afin de créer une clinique de prévention du diabète qui porte son nom. Le printemps précédent, l’assureur a aussi versé 750 000 $ au Sinaï Health System pour financer un programme visant à aider à prévenir le diabète de type 2 chez les femmes après l’accouchement.
« En tant qu’assureur, on veut que nos clients soient en santé, avait alors expliqué le président de ses activités canadiennes, Jacques Goulet. Si Sun Life a choisi cette cause, c’est parce que nous avons vu que nous pouvions y apporter une valeur ajoutée. Le diabète est un fléau bien plus important que la population en est consciente. »
L’importance d’un dépistage précoce
Le point de départ pour bien vivre avec le diabète est un diagnostic précoce, insiste l’Organisation mondiale de la santé. La facilité d’accès aux tests de diagnostic de base du diabète est donc essentielle.
Les gens qui souffrent du diabète de type 1 n’ont pas le choix, ils doivent prendre de l’insuline. Les doses, la fréquence et le nombre d’injections sont déterminés par le médecin.
Le diabète de type 2 est souvent diagnostiqué avec du retard et dans 20 % à 50 % des cas, des complications microvasculaires ou macrovasculaires sont présentes au moment du diagnostic, indique le Canadian Journal of Diabetes. Lorsque l’hyperglycémie est élevée (p. ex., taux d’hémoglobine glyquée à plus ou moins 8,5 %), une association de médicaments est habituellement nécessaire.
Les personnes atteintes du diabète de type 2 peuvent en arriver à avoir besoin d’insuline lorsque le plan d’alimentation, la perte de poids, l’activité physique et les médicaments antidiabétiques ne permettent pas d’atteindre les glycémies visées. « Le diabète est une maladie qui évolue et il se peut que le corps ait éventuellement besoin d’injections d’insuline pour pallier la diminution de production de cette hormone par le pancréas. C’est pourquoi l’initiation d’un traitement à l’insuline ne devrait pas être perçue comme un échec, insiste Diabète Québec.
En parallèle, les conseils pour le traitement du diabète progressent constamment. Les lignes directrices sur le diabète émises par Diabète Canada sont révisées tous les 5 ans. La plus récente version remonte à l’an dernier. Deux nouvelles recommandations prioritaires des lignes directrices de 2018 parlent de la prévention de l’hypoglycémie. Elles suggèrent d’utiliser de préférence les médicaments qui posent un moins grand risque d’hypoglycémie, surtout chez les personnes âgées, par exemple la metformine, plutôt que l’insuline ou des sécrétagogues de l’insuline.
Diabète Canada souligne en plus que les personnes diabétiques doivent avoir en main un plan individualisé d’activité physique et de nutrition et encourage les patients à obtenir des conseils nutritionnels auprès d’un diététiste agrée. L’organisme recommande aussi d’aider les personnes diabétiques à éliminer les obstacles à un mode de vie sain, comme la détresse liée au diabète, la dépression et la douleur.
Néanmoins, souligne l’Organisation mondiale de la santé, même si plusieurs interventions pharmacologiques, telles que la metformine, ont permis de prévenir ou de différer le diabète de type 2, dans la majorité des études, elles s’avèrent moins efficaces qu’un changement d’alimentation et que l’activité physique, et leurs effets se dissipent après l’interruption de la prise des médicaments.
Des suggestions pour les employeurs
Mélina Lachance, de La Capitale, a énuméré quelques suggestions aux employeurs pour améliorer le sort en entreprise de leurs employés souffrant de diabète :
- Faire du dépistage en faisant des cliniques en entreprise ou en encourageant leurs employés à rencontrer leur médecin annuellement
- Respecter les exigences de leur traitement pour leur permettre dans leur milieu de faire un test de sang, prendre leur médication ou manger si leur condition le nécessite. Ce n’est pas un caprice, mais un besoin.
- Une bonne alimentation est primordiale pour bien gérer le diabète et une personne diabétique doit toujours avoir accès à de la nourriture. Veillez à offrir des choix santé autant à la cafétéria que dans les machines distributrices, conseille-t-elle.
- Que ce soit pour mesurer le niveau de glucose sanguin ou s’injecter de l’insuline, le traitement du diabète implique parfois l’usage de petites aiguilles. Assurez-vous que l’employé puisse se traiter à l’abri des regards et des jugements de ses collègues.
- Identifiez ou donnez accès à un endroit calme et apaisant, équipé d’un téléphone, où l’employé pourra se rendre et idéalement s’allonger s’il ressent un malaise ou s’il doit simplement attendre que son taux de glucose sanguin redevienne normal.