« Le marché des assurances de fin de vie propose deux types de produits. L’assurance vie classique verse un capital au décès, tandis que l’assurance frais funéraire est conçue spécifiquement pour couvrir les dépenses immédiates, y compris d’éventuelles dettes », explique Dominique Biron-Bordeleau, vice-présidente adjointe aux affaires publiques et gouvernementales (Québec) à l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP).

« À l’extérieur du Québec, de nombreux assureurs proposent une assurance frais funéraire », poursuit-elle, en référence au modèle basé sur l’utilisation d’une assurance vie comme mécanisme de financement d’arrangements funéraires préalables. « Au Québec, ce type de produit n’existe plus depuis de nombreuses années », précise madame Biron-Bordeleau, et comme l’explique notre article Les assurances funéraires, hors-la-loi au Québec 

Dénominations nombreuses, produits similaires 

Assurances de fin de vie, assurance pour payer des frais funéraires, assurance de dépenses finales, assurances pour les dernières volontés… Ces dénominations désignent toutes une police d’assurance vie qui paie un montant forfaitaire modeste — généralement entre 5 000 $ et 25 000 $, selon le régime — au bénéficiaire ou aux bénéficiaires désignés. De ce fait, elle est généralement plus abordable que d’autres types de produits d’assurance vie. Elle est notamment populaire chez les aînés et ceux qui ont un budget serré.

Ce type d’assurance vie constitue aussi un choix intéressant pour ceux qui ont des problèmes de santé. La procédure de souscription, qui ne nécessite pas (ou peu) d’exigences médicales, est souvent plus simple que celle de l’assurance vie plus traditionnelle. Toutefois, plusieurs assureurs remboursent les primes versées, plutôt que de payer l’intégralité de l’indemnité prévue, si le décès survient dans les deux ans après la signature. 

Ce type de produit offre également plus de flexibilité que l’assurance de frais funéraires (ou assurance de préarrangements funéraires). Le capital-décès peut en effet servir à régler les frais funéraires, mais aussi les dettes impayées, les impôts et les factures médicales, par exemple. De plus, il constitue une prestation non imposable.

Ces produits d'assurance vie sont commercialisés à la fois par des joueurs spécialisés, par exemple TruStage et Plan de Protection du Canada (PPC), et des compagnies d’assurance canadiennes généralistes, telles que Sun Life.

Ce n’est pas un produit qu’on achète séparément, précise Michael Van Alphen, vice-président, solutions d’assurance, chez Sun Life« Cela fait plutôt référence à la façon dont le capital-décès d’une assurance vie peut servir à couvrir les frais funéraires ». Il ajoute que la compagnie a récemment réduit les tarifs de son assurance vie permanente, pour la rendre plus largement accessible. 

Les assurances vie plus traditionnelles 

Selon Stéphanie Corbeil, directrice principale du comparateur de primes Assure Direct, cette différence de dénomination n’a guère d’importance. Au fond, « c’est une assurance vie qu’une personne prend pour s’assurer qu’en cas de décès, les bénéficiaires recevront un montant alloué sans impôt pour pouvoir s’occuper des frais funéraires », explique-t-elle.

Elle souligne que « tous les assureurs ont des produits d’assurance vie permanents ». Dans la majorité des cas, les couvertures proposées commencent à 10 000 $, 25 000 $ ou 50 000 $. De quoi répondre aux besoins des nombreuses personnes qui veulent couvrir leurs derniers frais, et qui cherchent des montants entre 7 500 $ et 25 000 $.

La prime est établie en fonction de l’âge, de la santé et du statut de fumeur ou non lors de la souscription. Les produits standards s’adressent aux personnes en bonne santé, et incluent un questionnaire médical complet, mais celui-ci ne comporte qu’une dizaine de questions dans les formules allégées.

Madame Corbeil mentionne que des assureurs comme IA Groupe financierAssomption Vie et Empire Vie sont particulièrement actifs sur ce marché. « Tout le monde n’a pas les moyens de payer 5 000 $ [d’un coup] pour payer ses frais funéraires, dit-elle. Une assurance vie, c’est sans impôt, c’est une mensualité, et ça crée un héritage s’il en reste. »