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Infrastructures : des investissements en hausse, mais à partir de l’an prochain

par Alain Castonguay | 13 mars 2020 13h16

Parallèlement au dépôt du budget du Québec, le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, a présenté le Plan québécois des infrastructures (PQI) pour la période 2020-2030, lequel prévoit un sommet historique d’investissements de 130,5 milliards de dollars (G$). Cela représente une hausse de 15,1 G$ comparativement au PQI soumis l’an dernier.

Le PQI prévoit notamment d’améliorer l’état des infrastructures publiques en faisant passer le taux d’actifs jugés en bon état de 60,8 % en 2020 à 70,7 % en 2030. Quelque 5,9 G$ sont ajoutés pour les investissements en éducation, et on investira ainsi 19,2 G$ sur 10 ans pour rénover et entretenir les établissements d’enseignement, en plus d’agrandir et de construire de nouvelles écoles.

Près de 3 G$ sont ajoutés pour les établissements de santé et de services sociaux, ce qui portera les investissements dans ce secteur à 20,5 G$ pour la prochaine décennie.

En transport collectif, le gouvernement ajoute 3,3 G$, ce qui portera les investissements à 15,8 G$ d’ici 2030. Cette somme permettra de concrétiser les projets structurants de transport collectif électrique déjà prévus à Québec et Gatineau, en plus d’en étudier d’autres dans la grande région de Montréal.

Le réseau routier n’est pas négligé, avec des investissements additionnels de 2,7 G$, pour des sommes totalisant 26,8 G$ sur 10 ans, dont 22,3 G$ seront consacrés au maintien du réseau.

Le Conseil du Trésor diffuse depuis juillet 2018 les renseignements relatifs aux projets d’infrastructures de 50 millions de dollars (M$) et plus. Pour le PQI 2020-2030, les renseignements diffusés toucheront tous les projets d’une valeur supérieure à 20 M$.

Ces investissements supplémentaires dans les infrastructures devraient satisfaire de nombreux économistes et chercheurs, notamment ceux du Centre sur la productivité et la prospérité, qui réclamaient cette réduction du déficit d’entretien des infrastructures publiques.

Un bémol

Cependant, comme le souligne l’Association des économistes du Québec (ASDEQ), les investissements en infrastructures resteront cette année au même niveau qu’en 2019-2020, à environ 11 G$.

Dans le PQI, on note d’ailleurs une augmentation graduelle à partir de 2021-2022 pour atteindre le pic de 14 milliards $ en 2024-2025. Pour les cinq années suivantes, les investissements annuels prévus seront graduellement réduits pour atteindre 13 G$ en 2029-2030.

L’ASDEQ rappelle que les travaux effectués en 2019-2020 pour résorber le déficit de maintien pour l’ensemble des infrastructures ont été de 2,3 G$, alors qu’il aurait fallu investir 5,9 G$. Le déficit de maintien d’actifs des infrastructures (DMA) s’est donc accru et totalise 28,2 G$. L’ASDEQ accueille favorablement la publication d’une prévision de l’état des infrastructures et du DMA.

Notons que les investissements prévus au PQI ne sont pas toujours réalisés. Comme on le constate dans le sommaire des investissements réalisés en 2018-2019, le taux de réalisation des projets prévus au PQI a atteint 88,1 %.

Le gouvernement doit donc coordonner le lancement des projets en fonction de la capacité de l’industrie de la construction à livrer les projets dans le délai requis et en respectant les budgets.

Ces derniers mois, l’effervescence dans l’industrie de la construction s’est traduite notamment par :

  • une rareté relative de la main-d’œuvre ;
  • une hausse du cout des projets d’infrastructure en cours de réalisation par rapport aux estimations produites à l’étape de la planification ;
  • une baisse du nombre de soumissionnaires pour certaines catégories de contrat lors des appels d’offres ;
  • l’annulation de certains appels d’offres.

« Dans ces circonstances, l’effet des investissements prévus au PQI pourrait être réduit si cette tendance se maintient ou s’accélère au cours des prochaines années », ajoute le Conseil du Trésor.

Évidemment, comme c’est le cas pour les documents budgétaires, le plan gouvernemental pour les dépenses de l’État pourrait être mis à mal par l’état d’urgence décrété ce jeudi 12 par le Premier ministre Legault.

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