La COVID-19 s’est invitée au Québec à un moment habituellement achalandé pour le recrutement des étudiants qui terminent un programme d’études collégiales ou professionnel en assurance de dommages.

Pour Diane Egan, présidente de la firme de recrutement Diane Egan Langevin et Associés, le début de l’année est toujours le moment le plus occupé pour recruter les étudiants fraichement diplômés. Ceux-ci doivent passer leur examen de certification auprès de l’Autorité des marchés financiers au cours de cette période, en plus d’amorcer leur stage.

La manière et le rythme du recrutement ont été adaptés aux nouvelles mesures de sécurité sanitaire, afin de pouvoir se poursuivre. « Comme l’industrie est en télétravail, tout s’est fait à distance pour la plupart des employeurs, afin d’assurer la sécurité de tous », explique Roxanne Hébert, directrice des communications et des opérations de la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages.

Le recrutement, sans être complètement à l’arrêt, a connu un ralentissement important, ont convenu divers intervenants interrogés par le Portail de l’assurance. Plusieurs employeurs ont ralenti leurs activités de recrutement, d’autres les ont mis sur la glace.

« Il y a eu un peu moins de nouvelles demandes. Certaines embauches ont eu des dates d’entrée à confirmer. Certains employeurs ont continué leurs activités de recrutement et ont réalisé des entretiens d’embauches sur une plateforme de vidéoconférence. Il est certain qu’avec le déconfinement graduel, les décisions du premier ministre de reprendre les activités pourraient faire repartir le recrutement », dit Mme Egan.

L’impact des arrêts d’examens à l’Autorité

La suspension temporaire des examens de l’Autorité et l’adoption du télétravail pour la période de confinement ont bouleversé quelque peu les activités de recrutement des assureurs et des cabinets de courtage. C’est notamment le cas chez Univesta Assurances et services financiers qui se fie aux examens de l’Autorité pour embaucher ses professionnels

« Normalement, nous n’embauchons pas en plein été parce que c’est une saison beaucoup plus achalandée. Avec la situation exceptionnelle que l’on vit, il y aura une cohorte supplémentaire. On est obligé de s’adapter à la manière dont on fait le recrutement, surtout en période de pandémie, mais les embauches en tant que telles n’ont pas vraiment changé », dit Maryse Fernandes, vice-présidente, processus d’affaires et développement organisationnel au sein de ce cabinet de courtage.

Pour les professionnels expérimentés, le ralentissement des activités n’a pas tellement d’impact sur leur embauche, ajoute Mme Fernandes. « Mais pour les nouveaux dans le domaine de l’assurance, ça en a, malheureusement. On s’attend donc à ce qu’il y ait moins de nouvelles recrues dans le domaine », a résumé Mme Fernandes.

Bien que la validité des examens ainsi que la période probatoire soient prolongées par l’Autorité, le millier de nouveaux professionnels certifiés qui intègrent le marché du travail annuellement est temporairement inaccessible pour les employeurs. Aucune date de reprise n’est annoncée pour le moment et cette situation commence à se faire ressentir, a mentionné André Roy, PDG de PMT Roy Assurances et services financiers, en entrevue au Portail de l’assurance.

Assigner les gens à d’autres postes en attendant

L’équipe des ressources humaines du cabinet a ainsi reconsidéré les embauches, relate M. Roy. « On se doutait qu’il y aurait un ralentissement économique, en raison de l’arrêt d’un bon nombre d’entreprises pendant plusieurs semaines. Cela nous a permis de nous recentrer sur nos besoins. Nous avons embauché quatre personnes en attente de passer leur examen, mais nous les assignons à un autre poste en attendant », a-t-il confié au Portail de l’assurance.

Desjardins Assurances a aussi assigné de nouvelles recrues à d’autres postes le temps qu’ils puissent passer leurs examens, a mentionné sa porte-parole Valérie Lamarre au Portail de l’assurance. « Nous n’avons pas ralenti notre cadence de recrutement. Nous sommes d’ailleurs en recrutement pour le reste de l’année », a-t-elle révélé.

Ainsi, chez Desjardins, les candidats commencent leur formation quand même. « Pour certains postes, cela a un impact. Par exemple, nos nouveaux agents “entreprises” en formation ou ceux qui ont été embauchés en début d’année sont appelés à appuyer notre secteur des particuliers en attendant les examens », a expliqué Mme Lamarre.

Se montrer résilient : un avantage pour l’industrie

La résilience dont a fait preuve l’industrie de l’assurance pendant la crise sanitaire pourrait être le petit coup de pouce qui lui manquait pour se faire voir des plus jeunes, estime Maryse Fernandes, d’Univesta. « Elle pourrait avoir un effet positif sur l’industrie de l’assurance de dommages et sur le recrutement auprès des jeunes, notamment. C’est peut-être justement une façon de faire connaitre notre industrie », dit-elle.

Elle ajoute que comme l’industrie s’est vue identifiée comme étant un service essentiel a aussi aidée. « Notre industrie offre beaucoup de possibilités d’avancement et de flexibilité quant au télétravail. C’est rassurant et encourageant. En fonction de la manière dont l’économie va reprendre, il y aura certainement de nouveaux talents sur le marché », poursuit la directrice des ressources humaines d’Univesta.