MENU

La prise en charge des non-assurés, un sujet épineux

par Andrea Lubeck | 09 mai 2017 11h30

Les clients des restaurateurs après-sinistres sont avant tout les assureurs. De peur de gâcher la relation avec « ceux qui les font vivre depuis 40 ans », Sinisco n’ose pas desservir la clientèle non assurée. « Lorsque les propriétaires ne sont pas assurés, ils doivent payer de leur poche. Certains essaient de limiter leurs couts en nous demandant de réaliser certains travaux et d’en laisser tomber d’autres, ce qui peut être problématique à moyen et long terme. Nous ne voulons pas nous mêler de ça parce qu’il en va aussi de notre réputation », assure Christine Dufour, présidente chez Sinisco.

« Il faut comprendre que les assureurs sont nos fournisseurs et qu’ils sont ceux qu’on doit servir en premier puisque nous avons des ententes avec eux », ajoute Evens Larouche, propriétaire de la succursale de la Rive-Sud de Soresto. Il précise qu’il n’évite pas de travailler avec des particuliers, mais qu’en temps de crise, les restaurateurs après sinistre sont beaucoup sollicités par les assureurs.

Trouver des moyens pour aider la population touchée

De son côté, Steamatic, tente de trouver des moyens pour aider la population touchée, mais qui n’est pas assurée, notamment en suggérant que celle-ci se fasse expliquer les détails de leur police d’assurance par leur compagnie d’assurance. De plus, Steamatic publiera des conseils et donnera des outils aux sinistrés via leurs réseaux sociaux.

Par ailleurs, l’entreprise est en constante communication avec les assureurs et leur a fourni le nombre maximal de dossiers que l’entreprise pourra prendre en charge dans chaque région. « On a agrandi nos équipes et on a commencé à faire des demandes de devis de construction », souligne Nancy Raymond, présidente de l’entreprise.

Un mois d’avril record, mais pas à cause des inondations

Le fournisseur d’équipement en restauration et décontamination Select Pro a enregistré des ventes records au mois d’avril, qui ne sont pas forcément attribuables aux inondations, mais plutôt parce que les travaux sont déjà entamés pour certains dommages. Aucune rupture de stock à noter de leur côté, puisqu’ils sont habitués à gérer ce type d’évènement.

« Les restaurateurs après-sinistres ne se sont pas nécessairement équipés en prévision du travail à faire. Puisque nos clients travaillent beaucoup en partenariat avec les compagnies d’assurance et que les dommages causés par les inondations ne sont pas couverts, ils n’ont pas inévitablement besoin de plus d’équipements. Les inondations ne sont pas les sinistres qui rapportent le plus pour nous », explique Vincent Bégin, président.

Attention aux entrepreneurs qui diminuent le montant des réparations

Comme il l’a constaté il y a six ans lors des inondations de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, Sylvain Brosseau, expert en bâtiment chez Burex, met en garde les sinistrés contre des entrepreneurs en construction qui seraient tentés de profiter de la situation. « Les personnes recevaient une première évaluation d’un entrepreneur de 20 000 $ pour la reconstruction complète de leur sous-sol. Pour comparer, ils faisaient appel à un deuxième entrepreneur, qui lui disait qu’ils n’ont qu’à étendre un produit antibactérien, à refaire les planchers et à repeinturer pour une fraction du prix. Ces sinistrés se retrouvent avec de plus gros problèmes parce qu’ils n’ont pas voulu payer le prix », raconte-t-il.

Publicité