Selon Yves Gagnon, chef de l’exploitation de L’Unique assurances générales, le concept d’agence hybride suggéré dans le projet de règlement sur le courtage en assurance de dommages « est une menace pour le courtage ».
La table ronde des dirigeants d’assureurs, un évènement toujours couru au congrès du RCCAQ, avait lieu un peu plus tôt en matinée, le mercredi 13 novembre à Québec. À la fin de la discussion, Yves Gagnon a dit ce qu’il pensait du projet de Règlement sur le cabinet de courtage en assurance de dommages soumis par l’Autorité des marchés financiers. Parmi les changements proposés, celui qui est « particulièrement menaçant, à notre point de vue, c’est l’agence hybride », lance-t-il.
« On ne pense pas que ça va passer, parce que c’est illégal, à moins que l’on ne comprenne pas. Ça contrevient à la Loi sur la distribution de produits et services financiers », a dit M. Gagnon. Pour le consommateur, ça n’apporte que de la confusion. Parler à un agent, ou à un courtier, c’est déjà compliqué, mais appeler dans une agence pour parler à un courtier (...), ça ne marche pas », dit-il.
Nouvelle charge
Ce n’est pas la première fois que M. Gagnon s’en prend à ce concept. Plus tôt cet automne, il s’était porté en faux contre cet ajout dans le mémoire que sa compagnie avait déposé dans le cadre de la consultation menée par l’Autorité à ce propos. Le concept ne fait d’ailleurs pas l’unanimité dans l’industrie.
M. Gagnon considère ainsi que le concept d’agence hybride est aussi dangereux pour le courtage en assurance de dommages, car cela pourrait inciter des assureurs à utiliser ce véhicule pour ensuite acheter des cabinets de courtage de façon massive. Ce transfert de volume du courtage vers les agences est un danger important, estime-t-il.
Pour les autres assureurs, par exemple ceux basés en Ontario, le marché du Québec est déjà compliqué. S’il ne leur reste pas assez de place dans le marché, il est probable qu’ils décideront tout simplement de se retirer des produits d’assurance de dommages destinés aux particuliers. « Si ça passe, l’agence hybride, ça sera un grave danger pour le courtage. Mais je ne pense pas que ça passe », a conclu M. Gagnon.