Un nouveau rapport de LIMRA Retirement Income Institute souligne que près de 30% des adultes de 65 ans et plus aux États-Unis présentent une diminution de leurs capacités cognitives, et que ce déclin peut entraîner des pertes moyennes d’environ 124 000 $ par ménage (en dollars américains), attribuables à des paiements manqués, à la fraude et à de mauvaises décisions financières.

« Alors que la volatilité des marchés et l’inflation dominent souvent les discussions sur la planification de la retraite, de nouvelles recherches de LIMRA Retirement Income Institute montrent que le déclin cognitif lié à l’âge pourrait représenter une menace tout aussi sérieuse pour la sécurité de la retraite », indique l’organisation dans un communiqué en anglais annonçant la publication de l’étude.

Risque lié à la prise de décision

« Le risque lié à la prise de décision émerge comme une menace majeure pour la sécurité de la retraite, opérant parallèlement — et parfois indépendamment — du risque du marché, résume l’organisation. Près de 30% des adultes de 65 ans et plus présentent une capacité cognitive réduite, tandis que la gestion financière figure souvent parmi les premières compétences à décliner. »

Dans le document intitulé Decision Risk and the Desirability of Protected Income (Le risque lié à la prise de décision et l'intérêt d'un revenu garanti), le chercheur à l’institut de LIMRA Chris Heye indique que les rentes constituent en fait une forme d’assurance cognitive, protégeant contre le risque de déclin de la capacité à prendre des décisions financières.

« Les rentes aident à protéger les retraités contre la possibilité que la détérioration des capacités cognitives, des changements comportementaux indésirables ou l’exploitation financière compromettent leur sécurité financière », écrit le chercheur.

Excès de confiance et facteurs de risque

Des études ont démontré que la confiance générale en soi diminue avec l’âge, mais que la confiance à l’égard des connaissances financières ne diminue pas nécessairement au même rythme que les capacités cognitives, note également M. Heye dans le rapport de recherche, « ce qui suggère que l’excès de confiance constitue un facteur de risque ».

« La solitude et l’isolement social ont été associés à une diminution de la qualité des décisions, à une plus grande vulnérabilité à l’exploitation financière et à une difficulté accrue à évaluer des choix complexes », ajoute le chercheur.

Étant donné que le risque de démence et de trouble de comportement cognitif léger augmente avec l'âge, la prévalence de la diminution de la capacité de prise de décision augmente considérablement chez les personnes âgées de plus de 70 ans et de 80 ans, précise-t-il.

Il cite cependant des recherches indiquant que les personnes qui développeront plus tard une démence commencent à manquer des paiements de factures et à présenter d’autres signes de détresse financière jusqu’à six ans avant le diagnostic. De même, les cotes de crédit commencent à se détériorer plusieurs années avant la reconnaissance clinique.

« De nombreuses personnes demeurent responsables de prendre des décisions financières complexes pendant une longue période au cours de laquelle leur capacité décisionnelle est déjà en déclin », note M. Heye. Il souligne aussi que, selon des études, plusieurs individus connaîtront une diminution de leur capacité à prendre des décisions financières bien avant l’âge de 65 ans.

« Reconnaître le risque lié à la prise de décision comme un déterminant significatif des résultats à la retraite a des implications importantes pour les stratégies de planification financière, en particulier en matière d’épargne et de revenus de retraite, ajoute le chercheur de LIMRA. En bref, cette perspective centrée sur le risque décisionnel déplace le point de focalisation de la planification de la retraite, qui ne se limite plus à la seule gestion des actifs, mais s'étend à la gestion des risques associés à des décisions financières (sous-optimales). »