Maryse Rivard n’avait pas terminé ses travaux durant son mandat à la présidence du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ) démarré en 2022. Qu’à cela ne tienne, le comité de gouvernance de l’association a proposé de la reconduire pour un second mandat, et le conseil d’administration a approuvé.
Maryse Rivard a ainsi démarré un second mandat dès l’assemblée générale qui s’est tenue lors du congrès de l’organisme, les 22 et 23 novembre derniers.
« Prendre possession des enjeux exige aisément de quatre à cinq mois, et, rapidement, le temps de passer le flambeau arrive », a-t-elle expliqué en entrevue avec le Portail de l’assurance. La constitution de l’organisme le permettant, Mme Rivard a décidé de continuer. Au programme de son premier mandat, elle s’était fixé sept chantiers, ou « travaux » comme elle les nomme. Elle aborde le second avec 14 chantiers.
Parmi ceux-ci, Maryse Rivard entend mettre l’emphase sur trois enjeux :
- Travailler à faire annuler la clause de premier refus qu’un assureur prescrit lorsqu’il consent un prêt à un propriétaire de cabinet.
- Qu’une convention d’actionnaire d’un cabinet n’accorde pas plus de 20 % des actions votantes du cabinet à un assureur.
- Que le propriétaire d’un cabinet qui veut racheter la participation d’un assureur dans son capital-actions ne puisse se buter au refus de l’assureur.
Mme Rivard a affirmé avoir rencontré tous les assureurs, seule ou avec le directeur général du RCCAQ, Éric Manseau, pour les informer de sa croisade.
La présidente a par la suite rencontré des dirigeants du cabinet du ministre des Finances du Québec, Éric Girard, pour lui présenter ces trois objectifs.
La réaction ? « Ils en ont pris action, ont dit les comprendre et affirmé qu’ils seront étudiés », a soutenu Mme Rivard.
Interrogée sur la pertinence de s’immiscer dans la relation contractuelle entre un assureur et un propriétaire de cabinet, Maryse Rivard répond qu’il importe de le faire au nom de la pérennité du réseau de cabinets de courtage. « Des gens sont inquiets de ces clauses, des cabinets et même un assureur s’interrogent », a-t-elle précisé.
Elle voit une incongruité lorsqu’une clause perdure alors qu’un remboursement a été fait. « Une banque oserait-elle exiger des conditions à un client qui aurait remboursé son prêt hypothécaire ? Certes, non ! », dit-elle.
Quant aux clauses de 20 %, le RCCAQ n’a pas le pouvoir d’intervenir, si ce n’est que de faire des représentations pour les modifier, ajoute-t-elle. « C’est à l’Autorité des marchés financiers de le faire, et nous sommes à l’étape de travailler avec le régulateur. »
Parmi les autres travaux qu’elle mènera et qui lui tiennent à cœur : la participation des courtiers aux bénéfices dégagés par leur cabinet sur le volume auprès d’un assureur et le versement de la commission de contingence.
L’Autorité a d’ailleurs publié sa Ligne directrice sur la gestion des incitatifs de vente en mars dernier. À ce sujet, Mme Rivard a une position ferme : la participation aux bénéfices devrait être liée au volume de primes avec un assureur et non plus au nombre de polices avec cet assureur.
Mme Rivard reconnaît qu’il faudra du temps pour obtenir des résultats avec ces chantiers, mais elle aborde ce mandat avec ardeur et passion, insiste-t-elle.