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Treize facteurs influencent la santé mentale au travail

par Alain Thériault | 20 février 2014 16h45

À la lumière des recherches dont s’inspire la Norme de santé et sécurité psychologiques au travail, 13 facteurs influenceraient la santé et la sécurité psychologique en milieu de travail, a expliqué Marie-Thérèse Dugré, PDG de Solareh, lors de sa conférence au Congrès 2013 de l’assurance et de l’investissement.
L’Association canadienne de normalisation et le Bureau de normalisation du Québec ont élaboré cette norme en janvier 2013. Celle-ci décrit la marche idéale vers un milieu de travail plus sain et permet d’en mesurer le progrès. Elle peut ainsi contribuer à détecter les problèmes et à déterminer si le climat de travail est débilitant ou non dans l’entreprise, a soutenu Mme Dugré.

La norme demeure volontaire, mais le conseiller peut se servir des points de repère qu’elle donne pour inciter son client à agir.

Respect et politesse

Les interactions sont respectueuses, courtoises, basées sur l’estime, l’attention et la considération dont on fait preuve envers les autres, ainsi que sur la reconnaissance de la dignité.

Mme Dugré a illustré le tout par une anecdote. « J’ai eu l’expérience d’un employeur qui ne saluait pas ses employés en entrant le matin. "Avant mon deuxième café, je ne peux pas parler à personne", m’avait-il expliqué. Je lui ai suggéré : "Que dirais-tu de prendre ton deuxième café avant de rentrer au bureau ?" » Il est également facile pour chacun de préserver l’estime de soi de ses collègues par de petits gestes quotidiens, a-t-elle ajouté.

Soutien psychologique

Le milieu de travail favorise les préoccupations relatives à la santé mentale et les actions visant un soutien véritable si le bienêtre d’un employé est compromis.

Culture organisationnelle

La culture de travail est caractérisée par la confiance, l’honnêteté et l’équité. « L’intégrité est un trait déterminant à ce niveau. Par exemple, l’attribution de tâches unilatéralement par la direction donnera l’impression qu’il y a des favoris dans l’entreprise. Ce climat jette le doute sur l’équité des processus de nomination ou d’embauche. »

Leadeurship

Les gestionnaires encouragent les employés à dépasser les attentes de la direction. Ils ont des objectifs à long terme, poursuivent une mission, une vision et un but précis. Ils stimulent les capacités intellectuelles chez les autres.

Gestion de la charge de travail

Le milieu de travail donne la possibilité à l’employé de s’acquitter efficacement de ses tâches et de ses responsabilités dans les délais et avec les ressources nécessaires. « Une personne en arrêt de travail qui doit être remplacée par deux ou trois employés est un indicateur que l’organisation a des problèmes à ce niveau. »

Engagement

Les employés partagent un sentiment de satisfaction et d’appartenance à leur travail et sont motivés par la volonté de bien accomplir leurs tâches. Ils ont le sentiment de participer à la réussite de leur entreprise. « Nous observons d’ailleurs un courant de mobilisation des troupes dans les entreprises. »

Équilibre

Le milieu de travail reconnait la nécessité de concilier harmonieusement les exigences liées au travail, à la famille et à la vie personnelle. « Ce mouvement né au cours des 10 à 15 dernières années prend de plus en plus d’ampleur. Les nouvelles générations ont aidé les babyboumeurs à réaliser la nécessité d’un plus grand équilibre personnel-professionnel. »

Protection de la sécurité psychologique

Les employés peuvent faire valoir leurs intérêts, poser des questions, demander une rétroaction, signaler des erreurs et des problèmes ou proposer de nouvelles idées sans craindre de conséquences néfastes pour eux-mêmes, leur emploi ou leur carrière.

Environnement physique favorable

Le milieu de travail facilite la réalisation des tâches, réduit les distractions inutiles et déploie des efforts pour éviter tout préjudice lors des décisions dans l’organisation du travail. « Un employé qui dit devoir travailler de la maison de temps à autre parce que ce n’est pas assez tranquille au travail devrait mettre la puce à l’oreille. »

Correspondance psychologique du travail

Les employés sont dotés d’un poste basé sur leur perception, qui offre un bon niveau de correspondance avec leurs compétences interpersonnelles et émotionnelles, ainsi qu’avec leurs aptitudes professionnelles. « Par exemple, être surqualifié ou sous-qualifié pour un poste crée le sentiment d’être suremployé ou sous-employé. »

Croissance et perfectionnement

Le milieu de travail offre du soutien visant le perfectionnement des compétences interpersonnelles et émotionnelles, ainsi que des aptitudes professionnelles. « Il est bon que l’employé sente possible de pouvoir faire autre chose dans l’entreprise. »

Reconnaissance et récompense

Les efforts sont reconnus et récompensés équitablement et en temps opportun. « Souvent, les employeurs traditionnels de la vague des babyboumeurs, plus axés sur la production, ne sont pas portés à donner cette reconnaissance. Elle devrait pourtant être régulièrement exprimée, car elle motive. »

Participation et influence

Les employés prennent part aux discussions portant sur leurs méthodes de travail et sur le processus de prise de décisions importantes. « Plus on est impliqué et plus on participe aux changements, plus on développe l’autonomie décisionnelle. »

Il est rare qu’un seul de ces facteurs crée un malaise en milieu de travail. Il en faudra plusieurs pour qu’un employé se retrouve en détresse psychologique, rappelle Marie-Thérèse Dugré.

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