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COVID-19 : Denis Ricard s'exprime quant aux effets de la crise sur les résultats d’iA

par Alain Thériault | 07 avril 2020 10h10

Denis Ricard

Président et chef de la direction d’iA Groupe financier, Denis Ricard a expliqué dans une téléconférence avec Valeurs Mobilières TD que la nature à long terme des activités d’assurance de personnes atténue l’impact financier de la crise de la COVID-19 sur les assureurs.

Dans cette téléconférence du 31 mars 2020 avec Mario Mendonca, directeur général de la recherche de Valeurs Mobilières TD, M. Ricard précise que cet atout couplé à une bonne diversification de ses opérations mitige les effets de la crise sur les résultats d’iA. Il en a profité pour discuter avec M. Mendonca des impacts potentiels de la volatilité macroéconomique associée à cette crise.

L’industrie et le monde entier entrent dans une période sans précédent, signale M. Ricard. Différente de la crise de 2008, celle du COVID-19 est selon lui une guerre contre un ennemi physique, pour laquelle il n’existe pas de manuel d’instructions. « Nous écrivons un livre en même temps que nous le lisons », lance-t-il.

Revenus continus

M. Ricard reconnait que tous les secteurs d’affaires des assureurs sont affectés par la crise. Mais la nature même de leurs activités en atténue les effets. « Nous ne sommes pas dans une si mauvaise situation. Étant donné la nature des affaires, nous continuons d’encaisser des revenus. De plus, nos activités sont diversifiés », ajoute le PDG d’iA en ce qui concerne les résultats de sa compagnie.

Il signale par exemple le secteur de l’assurance individuelle, dans lequel iA s’active tant au Canada qu’aux États-Unis. Il rappelle que ces activités rapportent des primes sur une base régulière durant une grande période. « C’est une source significative d’entrée de fonds pour une compagnie », dit M. Ricard

Les ventes se maintiennent

IA se dit également en bonne position de maintenir la continuité de ses affaires. « Nous reconnaissons qu’à court terme, nos ventes d’assurance vie individuelle ralentiront. Mais nous nous attendons à ce que les nouvelles ventes se maintiennent raisonnablement bien, grâce aux outils de vente à distance que nous avons fournis à nos distributeurs. Particulièrement aux États-Unis, une grande part de nos ventes ont été réalisées au téléphone dans les centres d’appel », explique son PDG.

Les ventes demeurent très solides en gestion de patrimoine du côté des fonds distincts, soutient Denis Ricard. Il attribue cette performance et la rétention des clients actuels à la valeur des garanties boursières et au décès propres à ces produits. À savoir si la volatilité ambiante fera de ces garanties un gouffre pour le capital de l’assurance, M. Ricard rappelle avoir mis en place un programme de couverture des risques de garanties des fonds distincts qui remplit ses promesses à ce jour. « Notre programme aide en cette période de très grande volatilité. » Du côté des fonds communs, le PDG d’iA dit s’attendre à un ralentissement des ventes jusqu’à ce que les rendements positifs reviennent à l’horizon.

Si le secteur des prêts automobiles souffrira de la fermeture des concessionnaires en raison de la COVID-19, l’assurance auto démontre en revanche une expérience positive parce que les gens utilisent moins leurs véhicules présentement.

Éviter l’antisélection

M. Mendonca se demande comment se fera la sélection des risques d’assurance vie individuelle à l’ère du coronavirus. Denis Ricard se dit en bonne position d’éviter l’antisélection grâce aux règles de souscription d’iA et du soutien de ses réassureurs.

L’ancien actuaire en chef d’iA dit qu’il est trop tôt pour prédire l’effet de la COVID-19 sur l’expérience de mortalité des assureurs. Il rapporte que selon l’Institut canadien des actuaires, cette expérience devrait être meilleure dans les populations assurées que dans les populations non assurées.

Le capital tient bon

IA se dit en meilleur position de capital aujourd’hui qu’au cours de la crise de 2008. « Nous sommes moins sensibles aux variations marcoéconomiques que nous l’étions, dit M. Ricard. Notre stratégie d’investissement a aidé à couvrir une partie des risques macroéconomiques. » Dans le volet actions, seul les premiers 10 % de la chute des marchés ont affecté l’assureur.

Parmi ces stratégies, iA s’est éloigné des classes d’actifs risquées, dit M. Ricard : 72 % des placements de l’assureur résident dans les titres à revenu fixe, le reste soit en actions soit en immobilier. L’exposition de la compagnie en placements privés réside dans les infrastructures aux revenus stables assurés par des contrats fixes à long terme.

L’assureur a aussi abaissé sa sensibilité aux taux d’intérêts, refusant de parier sur une hausse des taux à long terme. « Nous avons atteint notre objectif de réduire notre sensibilité aux taux d’intérêt bien avant la date prévu de 2022 et de l’entrée en vigueur d’IFRS contrats d’assurance. C’était le moment parfait, à la lumière des variations de taux que nous voyons actuellement », souligne M. Ricard.

En ce qui touche les déploiements de capital, Denis Ricard ne prévoit pas de grosses acquisitions en 2020. Il entend surtout se concentrer sur l’intégration de ses récentes acquisitions.

Prêt à faire face

L’assureur se félicite par ailleurs d’avoir entamé des changements bénéfiques à ses opérations, bien avant de savoir ce qui s’en venait.

« Nous étions prêts à faire face à la COVID-19, lance M. Ricard. Presque tous nos employés ont été initié à travailler de leur domicile il y a 18 mois, insiste-t-il. Nous avons changé nos processus vers un environnement sans papier, et doté nos employés d’outils beaucoup plus sophistiqués, qui leur ont permis de travailler de la maison ou de tout autre endroit. Cela a rendu notre décision plus facile de passer au télétravail. »

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