L’ex-planificateur financier Omer Naek ne pourra plus exercer ses activités auprès d’un courtier membre de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI). L’organisme le condamne également à une amende de 100 000 $.
L’intimé devra également rembourser la somme de 59 151 $ qui correspond au solde des montants qu’il lui reste à rembourser à l’institution financière où il travaillait, laquelle a dédommagé les clients ou leur succession. Ces sommes totalisaient 204 000 $ CA et 15 000 $ US. On lui impose également de rembourser une somme de 5 000 $ pour les frais de l’instance.
Lors d’une conférence préparatoire tenue le 12 août 2025, la formation d’instruction a jugé que l’intimé a effectué des transferts non autorisés et détourné les fonds de trois de ses clients, lesquels étaient des personnes âgées vulnérables ou décédées au moment où les transferts non autorisés ou détournements ont été effectués.
Ces gestes, qui contreviennent à la Règle 1400 des Règles visant les courtiers en placement et les règles partiellement consolidées, ont eu lieu entre mai 2020 et août 2021.
Au moment des faits, l’intimé exerçait dans le cabinet de services financiers d’une institution bancaire à Dollard-des-Ormeaux. Il ne détient présentement aucune inscription valide. Il n’est plus employé ou inscrit avec un membre de l’OCRI depuis novembre 2021. Au Québec, son certificat porte le no 202 506, tandis que son permis comme courtier porte le numéro 3056511.
Recommandation commune
L’audience sur la sanction devant la formation d’instruction de l’OCRI a eu lieu le 17 novembre 2025. Le Portail de l’assurance a pu y assister. L’intimé était absent à cette occasion, mais il était représenté par Me Laura Trépanier.
L’avocat chargé de la mise en application des Règles, Me Thomas Grenier, a précisé que les parties s’étaient entendues sur une sanction commune et sur le retrait de la deuxième contravention inscrite à la plainte initiale. On reprochait à l’intimé son manque de collaboration avec l’OCRI, car il ne s’était pas présenté à un entretien où il avait été dûment convoqué.
Me Grenier a ajouté que le comité n’était pas obligé d’accepter la recommandation commune et qu’il pouvait y déroger. Ainsi, les frais s’établissaient à 179 630 $ au moment de l’audience du 17 novembre. Ceux-ci auraient été beaucoup plus élevés s’il n’y avait pas eu d’entente entre les parties, a précisé Me Grenier.
Lors de l’audience présidée par Michel Beaudet, qui était accompagné par François Gervais et Yves Ruest, la formation d’instruction a réfléchi à la sévérité de la prohibition d’inscription et s’est interrogée si l’intérêt public ne justifiait pas une radiation permanente d’emploi à un titre quelconque d’une personne réglementée, plutôt que l’interdiction permanente d’inscription auprès de l’OCRI.
Dans son jugement publié le 19 décembre dernier, la formation d’instruction précise toutefois qu’elle préfère s’en tenir aux règles établies par la jurisprudence en matière de sanctions qui font l’objet d’une recommandation conjointe des parties.
L’intimé est ainsi frappé par une interdiction permanente d’exercer toute activité liée aux valeurs mobilières pendant qu’il est au service de tout courtier membre de l’OCRI et qu’il est associé à un tel courtier.
Après avoir analysé la jurisprudence pertinente, l’OCRI conclut qu’il ressort des décisions citées que « détourner des fonds ne constitue pas une simple faute contractuelle ou civile, mais une violation intrinsèque des devoirs fondamentaux résultant de la relation de confiance ». L’organisme ajoute qu’un tel détournement « doit être considéré comme un indicateur d’inaptitude morale permanente ».
Parmi les faits énumérés dans le recours intenté par l’OCRI, on souligne qu’à partir de juillet 2020, l’intimé a utilisé l’argent détourné de ses clients pour payer l’entrepreneur en construction qui était en train de construire la nouvelle résidence de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot acquise avec sa conjointe.
Autre sanction à venir
Le 25 septembre dernier, le comité de discipline de la Chambre de l’assurance a déclaré l’intimé Naek coupable des infractions mentionnées dans la plainte portée à son endroit par la syndique adjointe séniore. L’audience sur la sanction a eu lieu le 14 janvier 2026.
En rapportant les détails d’une autre plainte disciplinaire où le nom de M. Naek était mentionné en février 2025, le Portail de l’assurance avait alors constaté que l’intimé se présentait sur les réseaux sociaux comme président d’un cabinet portant son nom. Cette entreprise n'est toujours pas inscrite auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).