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Gestion de crise et assurance 101

par Serge Therrien | 07 octobre 2016 07h00

Marco Iannuzzi | Photo : Réjean Meloche

Quelle est la nature de l’assurance ? Les courtiers sont unanimes : c’est le moyen le plus efficace et le moins couteux de financer un retour à la normale après un sinistre. En ajoutant du même élan qu’elle ne sert pas à gérer des crises !

« L’assurance n’est pas la solution à une crise, la solution est du ressort de l’entreprise, affirme Marco Iannuzzi, associé chez GPL Assurance, spécialiste de la gestion de risques des professionnels. L’assurance est un moyen de financer un retour à la normale après sinistre, on s’entend là-dessus. Comme à la bourse, tu as une option d’achat. Tu peux vendre ta perte quand tu as atteint ton prix d’exercice. »

« Tu ne te présentes pas au conseil d’administration en disant que tu gères le risque environnemental en prenant une assurance », reconnait Michel Bergeron, responsable des institutions financières au Québec chez EY. Il conseille toujours à ses clients d’imaginer ce qui peut mal tourner en cas de crise, et de s’y préparer. « Pour minimiser les couts, préparez-vous à l’avance avec une politique de gestion de crise. » Elle permettra parfois d’éviter l’emballement médiatique qui peut entacher la réputation de l’entreprise.

« De toute manière, tu ne pourras pas être assuré avant de faire cela. Tu ne peux te présenter devant l’assureur en disant que tu n’as aucun plan de protection, aucune mesure d’urgence, et que tu veux une couverture d’assurance », ajoute Mathieu Gagnon, vice-président au développement des affaires de Vézina Assurances. « L’assurance, c’est la dernière étape. On prévient, on quantifie, et à la fin, on transfère », dit-il.

« Il faut parfois demander au client ce qu’il attend de son courtier et de son assureur », lance Mathieu Gagnon.

Marco Iannuzzi rétorque que les discussions avec la haute direction sont généralement assez courtes et laissent peu de temps pour échanger des propos philosophiques sur la perception du risque. De son côté, il aime bien parler du « bottom line » avec ses clients. « Je leur demande quel est le rendement net de l’entreprise », raconte-t-il. Surtout quand la direction veut réduire sa prime d’assurance en se disant prête à assumer une perte d’un million de dollars en cas de sinistre. Si la marge bénéficiaire est de 5 %, l’entreprise devra ainsi trouver des revenus additionnels de 20 M$ pour combler sa perte. « Tu veux aller chercher ça comment 20 M$ de ventes de plus ? », demande-t-il alors.

Le courtier ne doit pas avoir peur de demander à l’entrepreneur quelle est sa tolérance au risque, et à partir de quel montant en pertes la firme sera-t-elle forcée de fermer ses portes, laisse-t-il tomber.

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