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Incertitude économique et resserrement de la tarification guettent le marché selon Transamerica

par Alain Thériault | 04 juin 2011 15h51

La croissance économique demeurera incertaine et la tarification des risques sera plus sévère, croient des experts de Transamerica Vie Canada. Plusieurs dirigeants de Transamerica ont donné le pouls du marché lors d’un colloque dédié à leurs conseillers ce printemps à Montréal. Le Journal de l’assurance y assisté.La croissance économique sera incertaine en 2011, a lancé d’emblée Kon-Yu Lau, analyste de crédit et gestionnaire adjoint de portefeuille chez Transamerica. Celui qui gère le fonds d’obligations canadiennes imaxx croit que l’économie canadienne n’est pas immunisée contre celle de nos voisins du Sud.

«Les États-Unis ont perdu 9?% de croissance dans la récession et le chômage persiste à 9?%, beaucoup plus que le 5,5?% du plein emploi, remarque M. Lau. De plus, le prix du baril de pétrole brut est en hausse alors que ceux de l’immobilier baissent. Les États-ont peu de crédit disponible. Le pays récupère lentement, sur toile d’agitation politique en Afrique du Nord et au Moyen Orient, de mauvaise température et de crise alimentaire.»

M. Lau croit pourtant que l’inflation baissera à nouveau, malgré un soubresaut en début d’année. «L’inflation est très bien contenue lorsqu’on retire des facteurs temporaires comme la hausse du prix du brut et le prix des aliments», dit-il. Ainsi, les taux d’intérêt à long terme bougeront peu. «Le Canada haussera les taux au troisième trimestre, mais la courbe de rendement des obligations de 2 à 30 ans demeurera stable.»

L’incertitude sert le marché des obligations, mais nuit à celui de la tarification des risques d’assurance. Elle s’est en effet resserrée depuis le début de la crise, observe Hélène Châtelain, vice-présidente et tarificatrice en chef de Transamerica.

«Les réassureurs rendent visite aux assureurs et vérifient de près leurs pratiques de tarification. Ils veulent s’assurer que nous suivons les règles. Nous devons maintenant prouver, documenter et justifier nos décisions», a-t-elle révélé.

Il ne faut plus seulement justifier les décisions fondées sur la tarification médicale, mais aussi celles qui relèvent de la tarification financière, a-t-elle ajouté.

Les conseillers devront ainsi s’armer de précautions au moment de soumettre un gros dossier. À partir de 5 M$ et un dollar, il devra poser des questions financières à son client, rappelle Mme Châtelain.

En cas d’un dépôt de 10 000 $ et plus dans une assurance vie universelle, le bureau du tarificateur demandera automatiquement d’où provient l’argent, «même si c’est un chèque».

Mme Châtelain note que les conseillers oublient souvent ce détail. «Nous devons faire nos devoirs de conformité», a-t-elle dit.

La santé n’est pas en reste. À la question d’un conseiller sur la fumée secondaire, le chef tarificateur a rappelé que les tests ont été conçus selon des limites qui excluent son effet. «Ne faites pas tester à nouveau un client qui attribue à la fumée secondaire le résultat positif de son test de nicotine. S’il est un fumeur occasionnel, la nicotine se dissipera dans 24 à 48 heures et son test sera négatif.»

L’assureur souligne que les tests ont démontré le déclin du tabagisme au sein de la population. En 1965, 50?% des Canadiens testés obtenaient un résultat positif. En 2005, ils n’étaient plus que 19?%, soit 22?% d’hommes et 16?% de femmes. En général, le taux de mortalité d’un ex-fumeur ne revient à la normale qu’après dix ans d’abandon. Pour certains cancers, cela est beaucoup plus long (15 ans pour le cancer du pancréas; 20 ans pour ceux de l’œsophage et de la bouche; 25 ans pour celui des voies urinaires).

Transamerica a mis à jour ses lignes directrices pour les voyages à l’étranger et rappelle que le conseiller doit fournir les détails sur tout voyage antérieur ou futur d’un client. La tarification dépendra du pays d’origine. Un client qui passe plus de trois mois en Europe est un risque régulier, mais un autre qui passe plus de douze semaines en Chine sera surprimé. L’assurance est refusée pour des destinations telles l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran ou le Congo.

En outre, un client d’un pays sujet à restrictions devra avoir résidé une certaine période au pays pour pouvoir s’assurer. Par exemple, un proposant iranien devra résider au Canada depuis deux ans avant de pouvoir s’assurer. «Attention, la liste des pays avec restrictions change vite», avertit Mme Châtelain.

Par ailleurs, les courriels de tous les employés de Transamerica Vie Canada sont passés de la signature aegoncanada.ca à transamerica.ca, le 26 mai dernier. Dans un message envoyé à sa force de vente, l’assureur écrit que ce changement reflète mieux la force de sa marque auprès du réseau. Il se dit convaincu que ce changement facilite les communications et les transactions pour ses conseillers.

Transamerica se dit toutefois fortement attaché au siège social hollandais. Le logo qui incluse les deux marques demeure intact, ajoute-t-il. Transamerica a commencé ses activités canadiennes en 1927.

L’assureur est considéré comme un concurrent majeur dans le réseau indépendant. Il est présent sur les tablettes de la plupart des agents généraux. En 2000, il a acquis d’ING les activités d’assurance vie de NN Services financiers, un autre assureur qui était alors très prisé du réseau de courtage.

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