Les municipalités canadiennes doivent améliorer l’exposition aux risques de leurs résidences et de leurs infrastructures essentielles, en plus d’améliorer la Santé et sécurité publique, révèle le rapport Changements climatiques : le niveau de préparations de 16 grandes villes canadiennes aux risques d’inondation de l’Université de Waterloo et du Centre Intact d’adaptation au climat.

Les villes canadiennes doivent redoubler d’efforts pour atténuer les risques d’inondations associés aux conditions météorologiques de plus en plus extrêmes, disent les chercheurs dans le rapport. « Edmonton, Regina et Toronto font déjà un bon travail sur ce plan ; les autres pourraient s’en inspirer », précisent-ils.

Cote de préparation aux inondations de 16 grandes villes canadiennes, 2019/20

Cote de préparation aux inondations de 16 grandes villes canadiennes, 2019/20

 

Source : Université de Waterloo

 

La cote moyenne de préparation aux inondations des grandes villes canadiennes reste inchangée à C+ depuis 2015 et « il y a encore beaucoup de chemin à faire dans la plupart des municipalités », souligne le rapport

Ne pas cartographier ses zones inondables est payant pour les villes

Les municipalités ne sont pas encouragées à élaborer des cartes de plaines inondables. Au contraire, elles sont souvent incitées à éviter ce processus, car elles peuvent ainsi plaider l’ignorance et se soustraire aux conséquences financières et politiques en cas d’inondation, révèlent les chercheurs. De cette façon, « il est plus facile d’obtenir des fonds pour le rétablissement lorsqu’il n’existe pas de cartes des plaines inondables », poursuivent-ils.

Selon les normes provinciales de crues réglementaires, les municipalités ne peuvent agir sur les aménagements que dans les zones considérées comme vulnérables. Même lorsqu’elles disposent de leurs propres cartes de plaines inondables qui tiennent compte des projections climatiques, du niveau de la mer et de l’aménagement du territoire. Elles n’ont pas d’autorité réglementaire et ne peuvent que proposer des stratégies de protection contre les inondations, insistent les chercheurs.

Les municipalités doivent s’atteler plus sérieusement quant à la préparation aux inondations et elles doivent s’inspirer des municipalités qui sont les mieux préparer pour y faire face, disent les chercheurs. La nécessité d’agir rapidement et la préparation aux inondations sont incontournables pour éviter la gestion des catastrophes au cas par cas.

Les changements climatiques et les risques d’inondations associés continuent de s’aggraver. L’absence d’évolution dans le niveau de préparation est inadmissible, concluent les chercheurs.

Atténuation des risques résidentiels

Sur les 16 villes participantes à l’étude, seule Edmonton fournit à ses résidents les renseignements nécessaires pour déterminer si leur propriété se trouve en zone inondable, révèle le rapport. La plupart des autres municipalités se satisfont de publier des données globales sur les zones résidentielles à risque d’inondations fluviales ou côtières, négligeant généralement les inondations urbaines et pluviales.

Les lois canadiennes n’obligent pas les propriétaires immobiliers à informer les acheteurs potentiels que la propriété qu’ils désirent acheter est à risque ou a déjà subi des dommages lors d’une inondation. Bien que certaines provinces comme le Québec interrogent les vendeurs pour connaitre l’historique en matière d’inondation, seule l’Ontario utilise un formulaire de déclaration du vendeur qui compte notamment une question sur la vulnérabilité de la propriété. « Les politiques provinciales du pays sont inégales, un problème qui doit être corrigé pour protéger les acheteurs et réduire les coûts financiers et sociaux des inondations », écrivent les chercheurs dans leur rapport.

Atténuation des risques pour les infrastructures essentielles

Les inondations pourraient causer de « profondes répercussions sociétales » si elles touchaient les infrastructures clés de l’état comme l’énergie, le transport, les télécommunications, les égouts ou les aqueducs.

Les chercheurs disent avoir observé au cours de leurs recherches une difficulté généralisée de la part des municipalités à pallier les vulnérabilités des systèmes de télécommunications, des services alimentaires et des services financiers.

Sur les 16 villes interrogées, seules Edmonton, Regina et Toronto se sont montrées aptes à protéger leurs systèmes d’approvisionnement en nourriture contre les inondations.

Aussi, les municipalités ont de la difficulté à réduire la vulnérabilité de leur population aux rejets de produits chimiques. L’inondation d’une raffinerie, d’une usine de traitement des eaux usées ou d’un hôpital pourrait causer un déversement dangereux et, par le fait même, la contamination des sources d’eau potable. Situation qui requerrait la coordination rapide d’une intervention pour protéger la santé et la sécurité de la population.

Encore une fois, seules Calgary, Edmonton, Regina et Toronto étaient bien préparées à un tel scénario, selon le Rapport.

À venirLe Canada en voie de devenir résilient aux risques d’inondation ?