MENU

La tarification simplifiée n’est pas une passoire !

par Alain Thériault | 03 octobre 2018 07h00

Photo : Freepik

Certaines mauvaises langues diront que l’assurance à émission simplifiée est une passoire permettant de ne jamais refuser personne. La réalité est toute autre, disent des assureurs.

Ces derniers prennent des précautions pour éviter les mauvaises surprises, dit notamment Alain Plante, vice-président régional des ventes, Québec Centre, de Plan de protection du Canada (PPC). « Une personne a répondu non à une question sur les maladies ? Nous vérifions auprès du MIB pour apprendre qu’elle a été refusée chez un autre assureur, en raison d’un infarctus du myocarde. Nous ferons un appel de vérification pour découvrir qu’elle a eu cette maladie il y a 5 ans. Sa réponse était donc juste parce que le questionnaire dispense de signaler un malaise qui remonte à plus de trois ans pour les assurés de moins de 55 ans, et à plus de deux ans pour les assurés de 55 ans et plus », explique-t-il.

Cette démarche économise du temps lors de la réclamation. « Nous n’aurons pas besoin de faire une vérification pour cet infarctus, puisqu’il est déjà consigné au dossier de l’assuré. Le but de la vérification au MIB est d’accélérer le processus. Nous sommes là pour payer. Plus la gestion du risque est bien faite, plus les prix des produits d’assurance seront abordables », ajoute M. Plante.

Il y a aussi des clients qui ne disent pas tout, sans nécessairement être de mauvaise foi. Il invite les conseillers à épauler leurs clients pour s’assurer qu’ils répondent bien aux questions.

« Une personne a contracté l’hépatite C. Elle dit l’avoir eue il y a des années. Une vérification au MIB révèle toutefois qu’elle a été refusée pour une assurance vie en raison d’une cirrhose du foie, conséquence fréquente de l’hépatite C. Elle dit en être guérie ? Impossible, le foie ne s’en remet pas. La personne se croit guérie, mais souffre d’une maladie chronique; son espérance de vie est donc réduite. Elle doit répondre oui à la question. »

M. Plante ajoute qu’il est très important dans ces situations de contacter son tarificateur et que ce dernier fournisse des réponses par écrit. Le vice-président régional de PPC affirme que sa compagnie a accumulé au fil des ans un ratio de paiement des réclamations de 98 %.

De son côté, Pierre Vincent, vice-président principal, assurance individuelle et ventes d’iA Groupe financier, a signalé que ce taux est à peu près dans la moyenne de l’industrie. Il affirme toutefois que ce taux ne tient pas compte des fausses déclarations ou de la fraude découverte au moment de la réclamation, ou du décès causé par un suicide à l’intérieur d’une période de 24 mois. « Lorsque les gens transmettent des informations véridiques, il est très rare que les prestations ne sont pas payées », dit-il.

Publicité