Des associations de l’industrie de l’assurance de l’Australie, du Royaume-Uni, du Canada et de la Nouvelle-Zélande ont annoncé, le 6 octobre, la création d’une nouvelle alliance, baptisée Four Nations Insurance Alliance, afin de s’attaquer aux problèmes et aux risques émergents auxquels leurs industries respectives sont confrontées.

Le Bureau d’assurance du Canada (BAC) s’est joint à l’Insurance Council of Australia, à l’ABI du Royaume-Uni et à l’Insurance Council of New Zealand pour annoncer officiellement la création de cette alliance au début d’octobre. Parmi les problèmes communs aux industries de l’assurance de ces pays du Commonwealth figurent l’augmentation des risques climatiques, l’inflation persistante, les coûts liés à la réglementation, l’accessibilité financières des primes et l’élargissement du déficit de protection. Les risques émergents qu’elles ont en commun comprennent les cybermenaces et l’instabilité géopolitique croissante.

« Le maintien d’une garantie durable et abordable dépend d’un partenariat au sein de l’industrie, entre les gouvernements et au-delà des frontières », affirme le BAC dans son annonce concernant la création de l’alliance. « Dans le cadre de ce partenariat, les quatre organismes professionnels d’assurance diffuseront des données factuelles sur les bonnes pratiques, notamment sur les partenariats entre le public et le privé, les données sur les aléas, les investissements dans la résilience, la réglementation ainsi que les risques émergents, y compris la cybersécurité et l’intelligence artificielle, dans le but de transposer les enseignements tirés d’un territoire en réformes concrètes dans un autre. »

La présidente et chef de la direction du BAC, Celyeste Power, souligne que les membres de l’alliance font tous partie de la Fédération mondiale des associations d’assurance (Global Federation of Insurance Associations ou GFIA). « Nous avions des enjeux vraiment communs sur lesquels nous souhaitions maintenir des échanges encore plus réguliers », a-t-elle déclaré au Portail de l’assurance, lors d’un entretien portant sur cette relation internationale nouvellement officialisée.

Échanger sur les leçons tirées des expériences passées

Les échanges d’information pourraient notamment porter sur les enseignements tirés des expériences du Royaume-Uni et de l’Australie, où les organismes de réglementation ont intégré la concurrence et le dynamisme du marché à leurs mandats, tout en s’engageant à réduire le fardeau réglementaire. La Nouvelle-Zélande devrait faire profiter les autres membres de son expertise en matière de gestion des risques sismiques, tandis que le Canada devrait échanger de l’information sur les risques de feux de forêt et les mesures d’atténuation avec les représentants du Royaume-Uni, où les feux de forêt ne sont devenus une préoccupation que récemment.

« Lorsque nous connaissons des événements records, comme une année où les pertes atteignent 9,2 milliards de dollars au Canada, ou une année marquée par d’importantes pertes liées aux sinistres dans un autre pays, comme le Royaume-Uni ou l’Australie, tout cela se répercute sur les prix de la réassurance à l’échelle mondiale que paient les assureurs », souligne Mme Power. « Les décisions que nous prenons à l’échelle locale peuvent en fait avoir des répercussions mondiales. Tout est interconnecté. »

Pour la suite, Mme Power indique que le vice-président aux politiques publiques du BAC, Phil Donelson, sera responsable des relations relativement nouvelles du BAC avec les autres associations.

Elle ajoute que la multiplication des obstacles réglementaires pour les entreprises à l’échelle mondiale compliquera la tâche de pays comme le Canada lorsqu’il s’agit d’attirer des capitaux. « À l’heure actuelle, nous discutons beaucoup des moyens d’attirer davantage de capitaux internationaux au Canada. Comment protéger notre économie? Comment la faire croître et accroître notre compétitivité? », demande-t-elle. « C’est là que se trouve, à mon avis, la plus grande occasion à court terme : tirer des leçons de ce que fait le Royaume-Uni sur le plan réglementaire et de ce que l’Australie s’est engagée à faire. »

Les dirigeants des associations sont en train de planifier une rencontre consacrée à la réglementation, qui devrait avoir lieu au cours des trois prochains mois. « Restez à l’affût, dit-elle. D’autres développements sont à venir. »