L’Enquête canadienne sur le revenu de 2024, publiée par Statistique Canada, montre que le revenu médian après impôt des familles canadiennes et des personnes hors famille était de 75 500 $ en 2024. Il s’agit d’un montant relativement inchangé par rapport à 2023, après ajustement pour l’inflation.

Plus en détail, le revenu médian après impôt des familles était de 108 900 $, en hausse de 1,8% par rapport à l’année précédente, tandis qu’il était de 41 000 $ pour les personnes hors famille, un niveau « pratiquement inchangé » comparativement à 2023.

Le revenu du marché (médiane de 69 800 $) et les transferts gouvernementaux (10 300 $) constituaient les deux principales sources de revenu, ce qui est également stable en comparaison des données de 2023. À noter que le revenu du marché « comprend le revenu d'emploi, les revenus de régimes de retraite privés ainsi que les revenus d'investissements et autres revenus issus du marché ».

Les familles de personnes âgées, c’est-à-dire celles dont le principal soutien économique est âgé de plus de 65 ans, affichaient un revenu médian après impôt de 83 200 $, tandis que les familles non âgées gagnaient 118 400 $, soit une hausse de 2,3% pour chacun de ces groupes. Les personnes âgées hors famille ont également vu leur revenu augmenter de 3,5% en 2024 pour atteindre 38 600 $. « Le revenu médian des personnes non âgées hors famille était inchangé, se situant à 42 700 $ », précise Statistique Canada.

Bilan par province ou territoire

À l’échelle du pays, les revenus après impôt étaient de 116 100 $ dans les Territoires du Nord-Ouest et à 109 600 $ au Nunavut. Au Yukon, le revenu après impôt des familles atteignait 89 300 $.

« À l'échelle des provinces, c'est une fois de plus en Alberta (85 300 $) et en Ontario (79 500 $) que le revenu médian après impôt des familles et des personnes hors famille était le plus élevé. Parallèlement, le revenu après impôt des familles et des personnes hors famille était le plus faible dans les provinces de l'Atlantique », écrit Statistique Canada dans son rapport. La Nouvelle-Écosse enregistrait le niveau le plus bas, à 64 200 $.

Le Québec suivait de près avec un revenu médian après impôt de 68 800 $.

 Mais attention, « ces écarts de revenus entre les provinces et les territoires ne sont pas ajustés pour tenir compte des facteurs régionaux, comme le coût de la vie ou la structure par âge de la population », indique Statistique Canada.

L’organisme fédéral souligne entre autres que le taux de pauvreté dans les territoires ont tendance à figurer parmi les plus élevés au Canada, notamment parce que le coût de la vie est plus élevé dans le Nord. « Par exemple, en 2024, le Nunavut a une fois de plus enregistré le plus haut taux de pauvreté au pays, celui-ci s'étant élevé à 31,7%. Cependant, au Yukon (11,8%) et dans Territoires du Nord-Ouest (10,0%), le taux de pauvreté en 2024 était comparable à ce qui était observé dans les provinces. »

À l’opposé, le Québec avait le taux de pauvreté le plus faible en 2024 avec 7% (en baisse de 0,7% par rapport à 2023), alors qu’en Ontario et en Colombie-Britannique, par exemple, ces taux étaient respectivement de 12,5% et de 13,0%.

Pauvreté ciblée

« En 2024, 11,0% des Canadiens, soit environ 4,5 millions de personnes, vivaient sous le seuil de pauvreté », note Statistique Canada. Plusieurs groupes étaient surreprésentés, dont les personnes ayant une incapacité (12,6%) et les personnes racisées (15,5%).

Par ailleurs, en 2024, 18,1% des Autochtones âgés de 15 ans et plus vivaient sous le seuil de la pauvreté. « La population autochtone continue d'être plus susceptible de vivre dans la pauvreté que la population non autochtone (10,6%) », rappelle l’organisme fédéral.

Enfin, environ 9,8 millions de personnes, soit 24,0% de la population canadienne, vivaient dans des ménages ayant connu une certaine forme d'insécurité alimentaire en 2024. « Il s'agit d'une baisse de plus de 360 000 personnes par rapport à l'année précédente », mentionne Statistique Canada.

(Avec la collaboration d’Amélie Cléroux.)