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Les types de fraudeurs

par Alain Thériault | 27 mars 2018 07h00

Les auteurs de crimes financiers de haute voltige partagent des traits propres à tous les fraudeurs, qu’ils s’agissent du grand patron d’une multinationale comme Enron ou du fraudeur de quartier.

Auteure d’une thèse de maitrise sur les conseillers fraudeurs à l’Université de Sherbrooke, Miruna Minea-Burga décrit trois grands profils de fraudeurs : le naturel, le slippery slope, expression utilisée en 1981 par le chercheur Michael Levi pour décrire celui qui évolue en fraudeur, et l’opportuniste souvent caricaturé au Québec en vendeur de chars usagés.

Le fraudeur naturel

Il a généralement des antécédents criminels. C’est un fraudeur de carrière, qui voit souvent celle-ci interrompue par des séjours en prison. « Les individus dans ce groupe sont généralement des hommes d’âge moyen ou avancé (au moment où ils sont démasqués) et des délinquants récidivistes. Selon eux, leurs victimes méritent leur sort et si ce n’était pas eux qui les avaient fraudées, quelqu’un d’autre l’aurait fait ; leurs victimes étant tellement stupides qu’elles ne demandaient qu’à être volées », écrit la chercheure.

Le complice

Le fraudeur complice est un individu intermédiaire qui manque d’initiative. Il se montre lui aussi habile à tromper les victimes de son patron, « que ce soit au téléphone ou à la réception ». Il s’occupe surtout du travail administratif nécessaire à la fraude, signale la chercheure. « Lorsque les choses s’enveniment, c’est le groupe qui tend à être le plus utile lors des persécutions, car il est souvent le témoin ou le dénonciateur », écrit-elle à leur sujet. Norbourg en est un bon exemple, dit Mme Minea-Burga, où Vincent Lacroix a pu compter sur plusieurs complices.

L’évolutif

Issu du deuxième groupe, celui qui évolue en fraudeur n’a pas d’antécédents. Il est plutôt la personne d’affaire typique qui cède à des pressions. Exemple célèbre de ce profil, Bernard Madoff est un fraudeur moderne qui a utilisé la méthode de Ponzi, rappelle la chercheure. Or, il a commencé sa carrière de manière honnête. « Ce sont des rendements qui ont mal tourné et qui l’éloignaient du rendement promis aux clients qui l’ont poussé à utiliser l’argent investi d’un client pour en payer un autre. Ce fut un effet de boule de neige avec des pertes irrécupérables », écrit-elle.

L’opportuniste

Il fraudera par exemple sur Internet, ou vendra des voitures usagées, dont il a reculé l’odomètre. « Aucun des individus de ce groupe ne semble être fraudeur de carrière. Ils exploitent plutôt les occasions et opportunités qui s’offrent à eux au cours de leur travail quotidien. »

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