L’acquisition de l’agent général PPI Management Inc. par iA Groupe financier a pesé négativement dans ses résultats du troisième trimestre de 2019. L’impact net négatif a été de 8,5 millions de dollars (M$) non imposables, soit une baisse du bénéfice par action de 0,08 $.
L’acquisition de PPI a moins rapporté que prévu, a expliqué Denis Ricard, président et chef de la direction d’iA Groupe financier, lors d’une conférence téléphonique, le 6 novembre, organisée par la compagnie pour présenter ses résultats à des analystes financiers.
Goodwill dévalué
Le scénario ici est le même que celui qui s’est joué après l’acquisition de CTL. En effet, iA a réduit la valeur de l’actif acquis par rapport à la valeur établie lors de la transaction tout en réduisant le montant de la rémunération conditionnelle payable en fonction des projections financières que PPI devait atteindre.
En finance, cet exercice est souvent appelé une réévaluation du goodwill, ou de l’achalandage, et identifie l’écart entre une valeur financière identifiée lors d’une acquisition et sa valeur marchande après une période donnée.
Au cours du troisième trimestre, iA a ainsi réévalué à la baisse le prix d’achat final de l’acquisition de PPI. « La contrepartie conditionnelle a été réglée pour un montant inférieur à celui prévu initialement, entrainant un gain de 13,6 millions de dollars non imposables, a expliqué iA dans son rapport aux actionnaires. En parallèle, les projections financières de la filiale ont été revues, entrainant la comptabilisation d’une dépréciation du goodwill de 22,1 millions de dollars non imposables. Ainsi, l’impact net négatif sur les résultats du troisième trimestre a été de 8,5 millions de dollars non imposables (-0,08 $ par action). »
« Les résultats n’ont pas été aussi bons que, disons, le vendeur l’avait annoncé, mais, au moins, nous avons protégé la société en imposant cette rémunération conditionnelle, a précisé M. Ricard aux analystes. Cela dit, au bout du compte, nous devions équilibrer les deux côtés de l’équation. Et cette fois, les montants n’étaient pas égaux », a-t-il ajouté.
Consolidation : l’obstacle administratif
M. Ricard est ensuite allé au-delà des calculs mathématiques. Il a expliqué que cette perte de 8,5 M$ était également la conséquence de la difficile intégration d’autres agents généraux au sein de PPI.
« Cette légère déviation par rapport au plan d’acquisition est principalement due au fait que, jusqu’à récemment, PPI devait intégrer plusieurs agents généraux. Cet exercice était plus complexe que prévu et la forte croissance attendue a été temporairement retardée », a-t-il dit.
« Depuis 2012, nous avons acquis une douzaine de petits agents généraux. Un grand nombre d’entre eux avaient déjà été intégrés à PPI, mais il en restait quelques-uns qui devaient encore l’être, à savoir Patrimoine Hollis et d’autres », a expliqué Renée Laflamme, vice-présidente exécutive, assurance, épargne et retraite individuelles, chez iA Groupe financier.
Les obstacles à ces intégrations n’étaient pas que technologiques, ils étaient aussi administratifs. « S’assurer que tous les conseillers sont bien installés, en coulisses, est un travail un peu compliqué à faire. N’oubliez pas qu’à l’heure actuelle, un conseiller peut travailler avec plusieurs agents généraux et que certains conseillers travaillaient avec plusieurs [des agents généraux acquis par iA] », a explicité Mme Laflamme, en réponse aux analystes financiers curieux sur ce dossier.
Revenus de commissions « moins importants que prévu »
Si l’intégration a pris plus de temps, elle a aussi sollicité plus d’efforts de la part d’iA. « Nous avons moins porté d’attention sur la croissance, pour en porter plus sur l’intégration et nous assurer que les choses étaient solides », a concédé Mme Laflamme.
De fait, PPI a réalisé de moins bonnes performances que prévu, ce qui a eu des conséquences sur les résultats déclarés par iA en assurance individuelle. Ce secteur a inscrit un gain d’expérience de 0,04 $ par action au troisième trimestre de 2019, excluant les ajustements apportés au prix d’achat et à la valeur de PPI.
Si ce gain est principalement attribué à des expériences de déchéance et de morbidité favorables, celles-ci ont été « partiellement affaiblies par la baisse des revenus de commissions provenant de PPI », a dit Jacques Potvin, vice-président exécutif, chef des finances et actuaire en chef d’iA Groupe financier. Ces revenus de commissions « moins importants que prévu » ont ainsi fait perdre 0,02 $ par action au segment de l’assurance individuelle.
« Il est à noter que nous prévoyons un impact négatif similaire de 0,02 $ sur le bénéfice par action pour le quatrième trimestre de 2019 », a par ailleurs indiqué M. Potvin.
Le « rôle clé » de PPI réaffirmé
Tourné vers l’avenir à plus long terme, Denis Ricard a indiqué que, « maintenant que le processus d’intégration de PPI est terminé », iA va à nouveau pouvoir se concentrer sur « la croissance rapide » de cette activité de distribution.
« PPI est une entreprise solide, l’un des meilleurs consolidateurs d’agents généraux au Canada. Elle est bien placée pour jouer un rôle clé dans notre stratégie de distribution et contribuer activement à la réussite des prochaines années », a affirmé le chef d’iA Groupe financier.
Annoncée en février 2018, l’acquisition de PPI avait attisé les préoccupations des agents généraux quant au sort du réseau de distribution indépendant.
La conférence visait à permettre aux dirigeants d’iA Groupe financier d’expliquer aux analystes les raisons derrière la croissance générale de l’assureur lors de ce trimestre alors qu’il a affiché un bénéfice net 183,7 M$, en hausse de 11,4 % comparativement au troisième trimestre de 2018.