Kevin Strain

Le président et chef de la direction de Sun Life, Kevin Strain, affirme que le Canada constitue un marché fondamental pour la société, que ses activités en Asie connaissent une croissance rapide et que la gestion d’actifs stimulera la croissance à l’avenir. Il ajoute que les activités de la société aux États-Unis contribueront elles aussi à la croissance future, même si certains aspects doivent encore être améliorés.

Ces commentaires ont été formulés dans le cadre de sa présentation aux investisseurs et aux gestionnaires d’actifs lors du Scotiabank Financials Summit, tenu le 9 septembre.

Au Canada, il affirme que la mise en place d’une planification globale efficace auprès du réseau de conseillers de la société, conjuguée à la croissance de ses activités de gestion de patrimoine et d’avantages sociaux, aidera Sun Life à atteindre la croissance de 6% qu’elle prévoit pour ce secteur. « Je pense que notre engagement envers le numérique devrait également contribuer à la croissance tant du chiffre d’affaires que du bénéfice net », a-t-il déclaré aux personnes réunies pour la présentation.

Dans cette optique, il y a deux ans, la société a embauché Jessica Tan, vice-présidente générale et présidente de Sun Life Canada, qui, selon M. Strain, insuffle une nouvelle énergie à l’équipe. Il ajoute que Mme Tan, ingénieure en logiciel formée au MIT qui a été co-cheffe de la direction de Ping An pendant le développement de ses activités numériques, voit de nombreuses occasions, particulièrement dans le secteur des avantages sociaux.

Par ailleurs, le chef de la direction souligne que la société est un acteur important aux États-Unis, où ses activités ont affiché un rendement solide et constant. L’exception a été un trimestre en 2024, lorsque la société a été prise de court par des réclamations que M. Strain reconnaît qu’elle aurait dû voir venir.

« Il y avait des raisons fondamentales qui expliquaient ce qui s’est produit, mais nous avons mis en place de nouveaux processus, dit-il. Nous avons ajouté de nouvelles capacités à cet égard. »

Il affirme que la constance des bénéfices de ces activités lui donne par ailleurs confiance. « Nous les surveillons. C’est un secteur où l’inflation des coûts médicaux est importante, dit-il, mais tant que nous pouvons en tenir compte dans notre tarification, et nous révisons chaque année la tarification d’une grande partie de ces activités, je pense que ça va. »

Activités dentaires aux États-Unis

Il reconnaît que les activités dentaires aux États-Unis sont confrontées à des problèmes systémiques, notamment le fait que les États avec lesquels Sun Life travaille ne couvrent pas le coût des réclamations. La société a demandé à David Healy, président des activités dentaires de Sun Life aux États-Unis, de se concentrer sur les activités liées aux programmes Medicare et Medicaid des États où la société établit des partenariats à long terme avec ceux-ci. « Les marges y sont déjà extrêmement minces, dit-il. Nous avons donné à David la latitude de n’accepter des affaires que lorsque nous estimons que l’État comprend la valeur qu’il obtient. »

Les activités dentaires commerciales constituent par ailleurs un autre secteur sur lequel se concentre l’équipe américaine. M. Healy a également été chargé de bâtir des activités commerciales rentables.

« La relation avec les entreprises consiste à offrir des avantages sociaux que les employés souhaitent, avec de bons services et une organisation en laquelle ils peuvent avoir confiance. C’est un objectif auquel nous pouvons nous rallier, affirme M. Strain. L’approche à l’échelle des États est différente, et c’est pourquoi nous mettons l’accent sur les activités commerciales. » Le défi, ajoute-t-il, consiste à trouver le bon créneau dans lequel exercer ses activités dans chacun de ces segments.

« Je suis plutôt confiant à l’égard du volet commercial. Nous effectuons le travail qu’il faut à l’interne du côté des États. Il n’est pas certain que la tarification suive. Et il est clair pour moi que je ne veux pas exploiter une entreprise avec une marge nulle. »

Gestion d’actifs alternatifs

Au cours de la présentation, le développement des activités de gestion d’actifs alternatifs de la société a également été abordé. Pour développer ces activités, Sun Life a acquis trois sociétés immobilières, une société de crédit privé, une société d’infrastructures ainsi que d’autres entreprises. Cette année, toutes ces acquisitions sont regroupées sous la direction de Sonny Kalsi, président et chef de la direction de SLC Management. « Cette année est une année de transition. »

Sun Life Asset Management, sous la direction de son président Tom Murphy, a également été abordée. M. Murphy a pour mandat d’établir des liens entre l’assurance et la gestion d’actifs. « C’est de là que viennent des opérations comme celle que nous avons conclue avec Wilton Re. Nous avons probablement entamé ce processus avec Wilton Re il y a un an, en cherchant une façon de devenir le gestionnaire d’actifs parallèlement à la structure sidecar qu’elle mettait en place. » L’opération devrait confier à la société 10 milliards de dollars (les montants sont en dollars américains) d’actifs à gérer, dont une grande partie devrait être investie dans des actifs alternatifs.

Plans futurs

Enfin, Kevin Strain a abordé les plans futurs de la société, réitérant les indications qu’elle avait précédemment fournies concernant son objectif, approuvé par le conseil d’administration, d’atteindre un portefeuille d’activités équilibré. L’objectif est que 50% des activités de la société proviennent de l’assurance et 50% de la gestion d’actifs. À l’heure actuelle, la répartition est de 35% en gestion d’actifs et de 65% en assurance.

« Pour cette tranche de 50% en gestion d’actifs, j’aimerais qu’elle soit composée à environ 50% d’actions et de titres à revenu fixe cotés en Bourse et à 50% d’actifs alternatifs. Nous sommes sur la voie pour y parvenir, avec une croissance de 20% dans les actifs alternatifs, dit-il. C’est pourquoi nous mettons autant l’accent sur les actifs alternatifs. »

Au plus récent trimestre, la société a déclaré avoir atteint un rendement des capitaux propres de 19,1%, près de sa cible annoncée de 20%. M. Strain souligne également que la société rachète des actions au même rythme qu’elle génère du capital. « Nous considérons qu’il s’agit d’un programme de rachat d’actions tout à fait durable, dit-il. Il est important pour nous de remettre constamment ce capital à nos investisseurs. C’est un engagement que nous avons pris. »