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Un petit assureur vie ontarien compte investir le Web

par Hubert Roy | 20 juin 2017 07h00

Doug Baker

Teachers Life, un assureur ciblant les plans de groupe des enseignants de l’Ontario, mise sur le Web pour se développer. Et il offrira son expertise aux assureurs qui en veulent bien.

Son PDG Doug Baker décrit Teachers Life comme une startup de 78 ans, elle qui a vu le jour en 1939. L’entreprise mise sur la distribution directe.

L’assureur a les permis pour exercer dans toutes les provinces, dont le Québec, depuis 2012 dans ce dernier cas. L’assureur n’y a toutefois pas commencé à y souscrire des risques. Il pourrait toutefois le faire dès 2018, dit M. Baker.

Teachers Life est majoritairement présent en Ontario, mais l’est aussi en Alberta et en Colombie-Britannique. Il amorce aussi ses efforts de markéting au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

4 produits offerts

Et dans tous les cas, Teachers Life misera sur Internet pour se développer, dit M. Baker. « On croit que c’est quelque chose qui pourrait devenir populaire avec le temps », lance-t-il d’ailleurs à la blague.

M. Baker note par ailleurs que ce sont tous les segments d’âge qui sont rejoints par Internet. Non uniquement les jeunes comme on pourrait le croire, dit-il.

« Les consommateurs s’attendent à être servis de cette façon. Avec une police d’assurance temporaire, on peut bien les servir avec un produit Web. »

Pour le moment, Teachers Life offre quatre produits via son site Web. Le premier est une police temporaire d’une durée de 10 à 40 ans, qui se fait sans examen médical, avec une couverture allant jusqu’à 500 000 $. Vient ensuite une temporaire renouvelable d’une couverture pouvant aller jusqu’à un million de dollars (M$), mais qui peut être abaissée en cours de route, à tout moment. Celle-ci est offerte avec des termes de 10, 20 ou 25 ans.

Teachers Life offre aussi une T-100 appelée PermaTerm, puisqu’elle peut couvrir toute la vie d’un individu. Elle offre une couverture pouvant aller jusqu’à 500 000 $. Son bénéfice ne décroit jamais. La dernière protection offerte par l’assurance est une couverture d’assurance maladies graves, dont le but premier est de couvrir le salaire durant la rémission. La couverture peut varier de 25 000 $ à 250 000 $ et couvre 16 maladies.

Et l’émission de la police se fait rapidement. Une fois que le client a accepté sa protection, il la reçoit dans un délai moyen allant de 13 à 15 minutes, pleinement en vigueur.

Teachers Life ne compte pas offrir de protections plus complexes. Selon son PDG Doug Baker, il vaut mieux laisser ce terrain de jeu aux conseillers financiers. « Il y a un besoin dans le marché pour du conseil pour les produits plus complexes. Pour notre part, on se concentre sur les produits que nous pouvons amener directement aux consommateurs. »

Teachers Life priorise le marché des enseignants. Ses investissements sur le Web font en sorte que la compagnie vend ses plateformes aux entreprises désireuses de les acquérir. Ce sont ainsi six organisations qui ont acquis les droits d’utilisations des diverses plateformes Web de Teachers Life, dont deux autres petits assureurs vie. Des cabinets de services financiers les ont aussi acquises, dont un cabinet dans le domaine des avantages sociaux et un autre dans le domaine de l’éducation.

Robot-conseiller en vue

Teachers Life s’apprête d’ailleurs à commercialiser un robot-conseiller (voir notre article en anglais), a fait savoir M. Baker au Journal de l’assurance. « Fondamentalement, nous sommes une compagnie d’assurance qui utilise la technologie. Vendre nos plateformes est une occasion de croissance supplémentaire. »

Pourquoi d’autres assureurs ne suivent-ils pas le chemin du Web ? M. Baker identifie quelques raisons. Il souligne tout d’abord que sa compagnie en est une de petite taille. « Nous avons une habileté de réagir rapidement. Avoir une grande taille donne plusieurs avantages, mais aussi certains désavantages. L’un d’eux est qu’elles risquent d’entrer en conflit avec leurs réseaux de distribution, tout dépendant de la façon que ses grandes compagnies tentent d’aller sur le Web. On en voit toutefois certaines qui y vont, comme la Financière Manuvie avec son programme Vitalité. »

Objectifs

Teachers Life en est elle-même à ses balbutiements en matière de ventes sur le Web. Elle y tire 10 % de celles-ci. D’ici trois ans, son PDG aimerait que ce pourcentage passe à entre 25 % et 30 %.

L’assureur compte présentement sur un volume de primes de 15 M$, avec environ 33 000 polices en vigueur à travers le Canada. L’âge moyen des clients de Teachers Life est de 37 ans. Ceux-ci se protègent auprès de l’assureur avec des couvertures moyennes allant entre 225 000 $ et 300 000 $ (face value).

« Joindre les nouveaux clients est une tâche difficile, dit M. Baker. Avoir ce lien avec la communauté des enseignants aide grandement. On les joint donc via les réseaux sociaux notamment, car nous avons une connexion et une affinité avec eux », dit-il.

Teachers Life investit ainsi entre 7 % et 10 % de son budget annuel en technologie. Il affirme que c’est supérieur à ce qui se fait dans l’industrie, ses recherches internes démontrant que ses concurrents y investissent environ 5 % de leur budget annuel.

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