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Catastrophes naturelles : les pertes globales proches du record de 2012

par Mathieu Carbasse | 10 janvier 2017 13h30

Des tremblements de terre dévastateurs, des puissantes de grandes ampleurs et des feux de forêt hors du commun ont fait de 2016 l’année la plus coûteuse depuis 2012, selon le dernier rapport du réassureur allemand Munich Re.

Les pertes globales ont en effet atteint près de 175 milliards de dollars US (G$), soit deux tiers de plus que l'année précédente, approchant même le record de 2012 (180 G$). La part des pertes non assurées est demeurée substantielle, aux alentours de 70%. Les pertes assurées (près de 30% des pertes) se sont élevées à environ 50 G$.

« Après trois années de pertes relativement faibles, les chiffres de 2016 sont de retour au niveau où ils sont censés se situer. Toutefois, les pertes d’une seule année sont évidemment aléatoires et ne peuvent être considérées comme une tendance, a déclaré Torsten Jeworrek, membre du conseil de gestion de Munich Re. Le pourcentage élevé de pertes non assurées, en particulier dans les pays émergents et les pays en développement, demeure une préoccupation. Une plus grande densité d'assurance est importante, car elle aide à atténuer les conséquences financières d'une catastrophe. Avec ses connaissances en matière de risque, l'industrie de l’assurance pourrait supporter une part beaucoup plus importante de ces risques imprévisibles. »

 

Les catastrophes naturelles les plus coûteuses de l'année se sont produites en Asie. Les deux tremblements de terre dans le sud de l'île japonaise de Kyushu ont entrainé des pertes globales de 31 G$, dont moins de 20% de pertes assurées. Les inondations dévastatrices en Chine en juin et juillet ont coûté près de 20 G$ (dont seulement 2% de pertes assurées).

L'Amérique du Nord a été touchée par plus d'événements majeurs en 2016 que lors de n'importe quelle autre année depuis 1980 (160 événements enregistrés). L'ouragan Matthew a été la plus grande catastrophe dans la région, notamment en Haïti où il a tué 550 personnes. Sur la côte est des États-Unis, l’ouragan a entrainé des pertes globales de plus de 10,2 G$, dont plus d'un tiers non assuré.

L'Amérique du Nord a également été touchée par d'autres événements météorologiques extrêmes, notamment des inondations majeures dans les États du sud des États-Unis et des feux de forêt à l'ampleur exceptionnelle à Fort McMurray en Alberta.

 

Au Canada, l'hiver doux, moins enneigé que d'habitude, et les vagues de chaleur du printemps ont été les principales causes des feux de forêt dévastateurs qui ont frappé l'Alberta, générant des pertes globales de 4 G$ (US). Plus des deux tiers de ce montant étaient assurés. En août, les inondations en Louisiane et dans d'autres États américains à la suite de pluies persistantes ont entraîné des pertes de 10 G$, dont un quart était assuré.

Enfin, une série de tempêtes a balayé l’Europe, déclenchant des inondations soudaines, en particulier en Allemagne. D’autres inondations importantes ont eu lieu sur la Seine, dans et autour de Paris. Les pertes globales se sont élevées à environ 6 G$, dont environ la moitié était assurée.

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