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Des assureurs vie emboitent le pas

par Alain Thériault | 25 juin 2014 11h00

Au nombre des grandes entreprises ayant amorcé des démarches pour implanter la norme, Great-West Lifeco (incluant Canada-Vie et London Life) partait d’une large base qui implique pourtant peu de ressources, puisqu’elle réside sur le Web. En 2007, l’assureur lance le Centre pour la santé mentale en milieu de travail de la Great-West. Ce site fournit des ressources publiques aux employeurs et individus, clients ou non, dont ses Stratégies en milieu de travail sur la santé mentale.« Avec le Centre, Great-West a aidé à financer le développement de la norme », dit Mike Schwartz, vice-président principal, avantages sociaux de Great-West. Le centre aide aussi au financement de l’étude de cas.

Les participants ne s’engagent toutefois pas à implanter la norme à 100 %. « Nous nous engageons à adopter la norme complètement ou partiellement dans les trois prochaines années et à partager l’expérience que nous aurons tirée de l’étude de cas avec la Commission de la santé mentale du Canada », a précisé M. Schwartz. Parmi ses prochaines étapes, Great-West prévoyait implanter, le 1er juin, une formation en ligne sur la santé et la sécurité obligatoire pour ses employés.

La Financière Manuvie a pour sa part créé en avril dernier une équipe nationale de spécialistes en santé mentale pour soutenir ses clients en assurance collective ainsi que leurs employés aux prises avec un trouble de santé mentale. L’assureur souhaite ainsi combler des lacunes observées dans les groupes qu’il assure. Les deux axes de gestion de l’invalidité qui peuvent être améliorés, selon Manuvie, sont le traitement et le soutien aux employés.

L’équipe de Manuvie aidera les gestionnaires des dossiers d’invalidité au sein des entreprises clientes à encadrer les réclamations liées à des troubles de santé mentale. L’assureur veut réduire l’incidence des cas de santé mentale sur le cout des régimes et, éventuellement, la durée des invalidités.

« L’employé doit obtenir le traitement dont il a besoin. Nous avons observé des lacunes dans les groupes à cet égard. La personne qui souffre peut mettre un long moment avant de voir un spécialiste, parfois jusqu’à un an. Nous croyons que les interventions doivent être mieux ciblées et plus rapides. Elles doivent tenir compte très tôt de la situation que vit l’employé et se concentrer sur sa santé mentale », a révélé en entrevue au Journal de l’assurance la vice-présidente, règlements vie et invalidité en assurance collective de Manuvie, Kathy McIlwham.

Lancées dans le cadre d’un projet pilote il y a un an, ces pratiques ont livré des résultats assez concluants pour mener l’assureur à créer une équipe officielle. Au terme de la première année, Manuvie a constaté une diminution de la durée des invalidités et des récidives chez les clients participants.

Au début du projet pilote, Manuvie a commencé à implanter pour elle-même la norme de santé et sécurité psychologiques en milieu de travail. L’implantation doit se poursuivre au cours des deux prochaines années. Il est encore trop tôt pour quantifier les résultats, signale Mme McIlwham.

L’enjeu est de taille, dit-elle. « D’après la Commission de la santé mentale du Canada, 500 000 Canadiens s’absentent du travail chaque jour en raison de problèmes de santé mentale, ce qui coute 51 milliards de dollars (G$) par année à l’économie canadienne », dit Mme McIlwham. Ces problèmes sont la première cause d’invalidité de longue durée en assurance collective pour Manuvie. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les réclamations pour maladie mentale représentent en moyenne 30 % de toutes les réclamations en invalidité de courte et de longue durée.

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