Les foules ont commencé à converger vers Toronto et Vancouver pour assister aux activités de la Coupe du monde de la FIFA 2026. Les assureurs affirment qu’il est encore temps de souscrire une couverture d’assurance pour les entreprises qui ne réalisent peut-être pas l’ampleur des risques auxquels elles sont exposées.

Les entrepreneurs travaillant pour les villes hôtes des événements de la FIFA ont sans aucun doute reçu des directives précisant le niveau d’assurance requis pour participer à l’événement. Au-delà de ces intervenants, toutefois, les plus petits organisateurs, certaines entreprises et même ceux qui organisent des soirées de visionnement ne sont pas toujours conscients des risques associés à l’augmentation de l’achalandage touristique. Ceux-ci peuvent comprendre des enjeux de responsabilité civile et d’interruption des activités, mais aussi des risques liés à la fraude et à la cybersécurité.

Quels sont les risques?

Lorsqu’ils font appel à des tiers, parfois dépourvus de leur propre assurance, les propriétaires d’entreprise ou les organisateurs d’événements demeurent ultimement responsables de toute responsabilité qui pourrait en découler. Les restaurants, fournisseurs alimentaires et détaillants peuvent également être exposés à des risques accrus simplement en raison du nombre élevé de personnes qui fréquentent leurs établissements.

« La vraie question est de savoir s’ils ont une assurance suffisante », affirme Tang Trang, vice-président, assurance des petites entreprises chez TD Assurance. « L’assurance qu’ils achètent est généralement conçue pour leurs activités normales. » Compte tenu du grand nombre de personnes impliquées, il souligne que les limites de couverture existantes pourraient ne pas être adéquates. La consommation d’alcool entraîne des risques de responsabilité, les heures d’ouverture prolongées pourraient ne pas être couvertes et les stocks des commerces peuvent être beaucoup plus importants et de plus grande valeur qu’en temps normal. Les polices d’assurance standards comportent également une liste d’exclusions que les propriétaires d’entreprise et leurs courtiers devraient déjà avoir examinée.

« La FIFA est un événement emballant. C’est une occasion exceptionnelle pour eux d’accroître leurs revenus — c’est une bonne chose. Je leur conseillerais simplement de se préparer en mettant en place un plan de gestion des risques », dit M. Trang.

Le volume élevé de transactions peut également accroître certains risques liés à la cybersécurité.

« Les entreprises sont davantage exposées aux fraudes et aux arnaques informatiques lors de grands événements, puisque les acteurs malveillants cherchent eux aussi à en tirer profit », affirme Neal Jardine, chef de l’exploitation et président pour le Canada chez BOXX Insurance. L’entreprise recommande aux sociétés de mettre en place des procédures rigoureuses en matière de facturation et de paiements. « En tirant parti de l’intelligence artificielle (IA) et de la technologie, les acteurs malveillants peuvent utiliser des techniques sophistiquées d’ingénierie sociale et des hypertrucages pour se faire passer pour des partenaires, fournisseurs ou clients potentiels et ainsi rendre crédibles des demandes illégitimes de biens ou de services. »

L’entreprise ajoute que les canaux de communication associés à la marque devraient également faire l’objet d’une surveillance étroite. Les entreprises possédant des établissements physiques sont en outre invitées à vérifier la présence de faux réseaux Wi-Fi utilisant leur nom.

Les célébrations entourant la FIFA peuvent également devenir difficiles à gérer, dangereuses, voire carrément chaotiques, particulièrement lorsque de l’alcool est servi. Les personnes interrogées par le Portail de l’assurance recommandent d’embaucher du personnel de sécurité supplémentaire dans certaines circonstances, de prévoir un effectif adéquat (en s’assurant notamment qu’un serveur expérimenté soit présent à chaque quart de travail) et d’ajouter du personnel d’entretien afin de prévenir les chutes causées par des surfaces glissantes.

« Les Canadiens sont très pacifiques, mais dans l’univers du soccer, les passions sont parfois plus vives. Nous constatons beaucoup de problèmes liés à cela », affirme Manoah Toninato, souscripteur chez Markel Play.

Les entreprises estiment que les courtiers devraient expliquer clairement à leurs clients quels sont les risques encourus. À titre d’exemple, elles soulignent que la décision de vendre des hamburgers et des hot-dogs lors d’une soirée de visionnement peut avoir des conséquences catastrophiques si des cas d’intoxication alimentaire surviennent ou si quelqu’un est blessé. « Si l’une des personnes touchées est médecin ou ingénieur, vous devrez compenser la perte de revenu pendant qu’elle est incapable de travailler. La facture peut grimper très rapidement. Je pense que beaucoup de gens ne s’en rendent malheureusement pas compte », explique M. Toninato.

Il ajoute que la sous-assurance constitue généralement un problème pour les petites entreprises ou les associations qui souhaitent organiser un événement, souvent avec des ressources financières limitées. « Le fait qu’ils disposent de peu de moyens financiers peut les amener à faire certains choix discutables », ajoute-t-il. « Cela peut ensuite entraîner une exposition importante pour eux. »

Dans le cas d’entreprises alimentaires plus établies, les représentants des assureurs soulignent que les assureurs exigeront, par exemple, que tous les serveurs détiennent les certifications nécessaires pour servir de l’alcool. « Ce n’est pas parce que je veux que l’entreprise dépense davantage pour ses serveurs. Je sais que c’est parce que l’expérience nous a démontré que cela peut faire toute la différence entre un événement bien organisé et réussi, ou un véritable désastre », affirme M. Toninato. « Je pense que nous vivons encore dans un monde où l’assureur est parfois perçu comme le méchant. Je crois que nous devons encore faire évoluer cette perception. »

Pour y parvenir, il estime que les entreprises et leurs intermédiaires courtiers doivent être plus transparents quant aux raisons pour lesquelles certaines exigences existent. « Les questions que nous posons ou les conditions que nous imposons pour accorder une couverture ne sont pas destinées à décourager le client. »

Décrochez le téléphone

Chez Markel, M. Toninato indique que l’entreprise, qui travaille exclusivement par l’intermédiaire de courtiers, dispose d’un portail consacré aux événements spéciaux. Les courtiers peuvent y souscrire la couverture en ligne. Il ajoute que, pour certains clients, il est possible d’obtenir jusqu’à 5 millions de dollars de couverture en aussi peu que dix minutes. (Une solution adaptée, selon lui, aux tournois, enterrements de vie de jeune fille et soirées de visionnement de la FIFA. « Tous ces petits événements peuvent être assurés », dit-il.)

M. Trang recommande de commencer par bien comprendre les activités du client commercial, ce qu’il fait et l’endroit où il exerce ses activités. « Il faut mieux comprendre le risque du point de vue de l’assurance et ensuite l’expliquer aux clients. Le risque a-t-il été bien compris? Comment pouvons-nous les protéger grâce à une couverture d’assurance appropriée et complète? »

Des décisions éclairées

Enfin, M. Trang souligne que TD Assurance mise sur la sensibilisation et l’éducation afin de rejoindre les personnes qui ne sont peut-être pas conscientes de leur besoin d’assurance. Dans cette optique, l’entreprise a publié sur son site Web de nombreux renseignements sur ces protections ainsi que des indications sur la façon d’obtenir une assurance des entreprises en ligne. « Il faut engager une discussion sur le niveau de couverture adéquat dont ils auraient besoin pour un grand événement comme la FIFA. »

Il recommande également d’examiner avec les clients quelques scénarios du pire cas afin qu’ils comprennent bien le niveau de risque auquel ils sont exposés. « Je sais que les propriétaires d’entreprise d’aujourd’hui cherchent aussi à réduire leurs coûts. S’ils sont davantage disposés à accepter un coût plus faible en assumant eux-mêmes un risque plus élevé, c’est aussi une possibilité. Mais je pense que l’important est que cette décision soit prise en toute connaissance de cause. »