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La Chambre réclame de la formation en assurance aux entreprises

par Hubert Roy | 01 novembre 2013 14h12

À la demande de l’industrie, la Chambre de l’assurance de dommages a identifié les besoins de formation propres à l’assurance aux entreprises. Vingt-cinq sujets ont été identifiés : l’assurance responsabilité arrive en tête des formations demandées par les professionnels de l’industrie.
Le régulateur invite donc les formateurs à créer des formations dans ces domaines. Sinon, la Chambre veillera à ce que les besoins de l’industrie soient comblés en offrant elle-même les formations laissées en plan, comme elle l’a fait en conformité, dans le passé.

C’est ce qu’a indiqué Maya Raic, PDG de la Chambre, en entrevue au Journal de l’assurance. Ce constat provient de l’analyse des besoins en formation que l’organisme d’autorèglementation (OAR) a publiée, il y a un an. Onze recommandations en avaient découlé, dont celle de revoir l’offre de formation en assurance aux entreprises.

Pour identifier les besoins propres aux professionnels exerçant en assurance aux entreprises, la Chambre a demandé l’aide des 909 cabinets pratiquant dans ce segment. De ce nombre, 293 ont répondu à l’appel.

Le premier sujet sur lequel ils voudraient avoir de la formation est l’assurance responsabilité. En effet, ce sont 50 % des cabinets sondés qui ont demandé plus de connaissances en la matière. Viennent ensuite la gestion des syndicats de copropriété dans le marché des condos, les spécificités propres au formulaire FP#4 (garagistes), l’assurance des chantiers, les risques d’installation et une vingtaine d’autres sujets.

« Nous mettons cette information à la disposition des formateurs. À eux d’en profiter, dit Mme Raic. Toutefois, si on voit qu’il reste des trous, nous allons les combler nous-mêmes en créant des cours. On va leur laisser le temps de le faire. C’est néanmoins difficile d’être plus transparent avec les formateurs. Ils n’ont qu’à cueillir le fruit qui est mûr. »

Elle note que cette recette a eu du succès en conformité. Le nombre de cours offert dans ce secteur a doublé par rapport à la période de conformité précédente, pour s’établir à 150.

Former les formateurs

La Chambre compte aussi porter une attention particulière aux compétences des formateurs de l’industrie. En agissant ainsi, le régulateur veut s’assurer que les formateurs ont les bonnes aptitudes pour transmettre des connaissances, mais aussi qu’ils offrent une formation adaptée au niveau des professionnels les plus aguerris de l’industrie.

« Les besoins des professionnels d’expérience sont plus spécifiques. L’offre sur le marché est plus générale, en ce moment. C’est un défi pour les formateurs et on devra les encourager à aller dans cette voie. On veut en venir à ce que les organismes de formation s’adressent à une clientèle plus expérimentée », dit Mme Raic.

C’est pour cette raison que la Chambre se donne comme mandat de s’assurer que les formations offertes sur le marché sont conformes aux normes et aux changements du marché. Pour ce faire, la Chambre offrira annuellement une formation qui leur est propre. La prochaine formation aura lieu au printemps 2014 et sera dispensée par Jean-François Roussel. « Les formateurs doivent connaitre les multiples produits offerts et le genre de formulaires utilisés. Ça leur met de la pression. On s’est donc dit qu’on leur offrirait nous-mêmes une formation pour les guider », dit Mme Raic.

Comme promis l’an dernier, la Chambre a bonifié sa section destinée aux formateurs sur son site Web. Un article est ajouté chaque mois.

Par ces mesures, la Chambre poursuit un grand objectif : intégrer la formation à la culture organisationnelle des entreprises d’assurance de dommages. « Plusieurs des actions que nous entreprenons répondent à cette préoccupation. Ça prendra du temps pour l’atteindre. On veut que l’industrie en vienne à se dire que la formation est une valeur gagnante et rentable d’un point de vue financier », dit Mme Raic.

Joëlle Calce-Lafrenière, directrice des communications de la Chambre, ajoute qu’une telle visée aura aussi des impacts positifs sur la confiance des consommateurs. « Les médecins suivent constamment des formations, donne-t-elle en exemple. C’est une source de confiance pour le consommateur. La Chambre a d’ailleurs adopté son règlement sur la formation continue en 2002, avant que les ordres professionnels présents au Québec ne le fassent. »

Dans son rapport d’analyse publié l’an dernier, la Chambre avait révélé que la soixantaine d’intervenants consultés avait demandé d’ajouter plus de formation en gestion. Au cours de la dernière année, 20 formations additionnelles ont été accréditées, notamment pour la gestion d’un cabinet et les responsabilités d’un gestionnaire en vertu de la loi.

Formation continue

La Chambre a aussi revu ses exigences en formation continue. Comme elle l’a annoncé l’an dernier, elle souhaite limiter le nombre de fois qu’une même formation peut être suivie d’une période de conformité à l’autre. L’OAR a choisi d’en tolérer deux. « On ne veut pas que la formation soit une simple course aux unités de formations continues (UFC), dit Mme Raic. On voyait que certains répétaient les mêmes cours d’une période à l’autre. On veut imposer des limites. »

Le tout doit maintenant être approuvé par le gouvernement du Québec avant la fin de l’année, car la prochaine période de conformité débute le 1er janvier 2014. « Il y aura une consultation, suivie d’un projet de règlement à cet effet. Si on veut être à temps pour la prochaine période de conformité, il serait important que le tout sorte rapidement », dit Mme Raic.

Par ailleurs, à la fin septembre, 38 % des quelque 14 000 assujettis de la Chambre avaient complété leurs obligations en matière de formation continue obligatoire. Près de 50 % en ont complété plus de la moitié et 11 %, moins de la moitié, en vue de la fin de la période de conformité, le 31 décembre.

Ces chiffres équivalent à ceux enregistrés à pareille date lors des précédentes périodes de conformité. Ceux qui n’auront pas rempli leurs obligations au 31 décembre auront un délai de grâce de trois mois pour le faire, sans quoi ils perdront leur droit de pratique.

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