Une nouvelle étude de Statistique Canada s’intéresse aux bienfaits de l’activité physique pratiquée à des intensités inférieures à celles généralement mesurées dans les études portant sur l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse (APMV). Elle révèle que le nombre de minutes et de pas consacrés à une activité physique d’intensité légère (APIL) est associé de manière significative à une diminution de la probabilité de souffrir d’une maladie cardiovasculaire, de présenter au moins deux problèmes de santé chroniques ou de déclarer un état de santé général passable ou mauvais.

« Les minutes et les pas consacrés à l’APIL moyenne étaient associés significativement à une réduction de la cote exprimant le risque d’avoir une maladie cardiovasculaire », écrivent les chercheurs de l’organisme dans leur étude intitulée Le maillon manquant : examen de l’activité physique d’intensité légère et de son rapport avec la santé chez les adultes au Canada.

« Bien que le fait de consacrer du temps à l’APMV soit bénéfique pour la santé, la présente étude fait valoir qu’une augmentation des minutes et des pas quotidiens consacrés à l’APIL de plus haute intensité est également associée à des bienfaits pour la santé. La présente étude concorde avec les études antérieures qui montrent que toute forme de mouvement est bénéfique, y compris l’APIL, en particulier lorsqu’il remplace le comportement sédentaire. », ajoutent-ils.

L’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse désigne les mouvements qui entraînent une augmentation importante de la fréquence cardiaque et du rythme respiratoire.

« Ces résultats sont encourageants, car ils renforcent un principe auquel nous accordons beaucoup d’importance, à savoir que les effets à long terme sur la santé découlent de petits changements », affirme Karen Cutler, vice-présidente et chef de la tarification de l’assurance individuelle chez Manuvie. Elle ajoute que les conclusions de l’étude rejoignent également les principes sur lesquels repose le programme Vitalité de l’assureur.

L’étude de Statistique Canada souligne que moins de la moitié des adultes canadiens, soit 46% en moyenne, atteignent les 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse recommandées chaque semaine. Elle rappelle également que les bienfaits de cette activité physique pour la santé sont bien connus, tout comme les conséquences d’une sédentarité excessive. « On en sait moins sur les bienfaits des activités pratiquées à des intensités se situant entre la sédentarité et l’activité physique d’intensité modérée. »

« J’ai trouvé très encourageant que l’on commence à examiner les choses sous cet angle », renchérit Mme Cutler. « Il existe tellement d’information sur l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse. Ces résultats seront extrêmement encourageants pour les personnes qui estiment tout simplement ne pas avoir le temps de pratiquer une activité physique aussi exigeante. »

L’étude souligne également que la majeure partie de l’activité physique des Canadiens est constituée de périodes d’activité d’intensité légère. Mme Cutler indique que les données de Manuvie révèlent la même tendance.

Les chercheurs de Statistique Canada ajoutent par ailleurs que c’est à partir d’un niveau intermédiaire d’activité physique d’intensité légère que des associations plus significatives semblent commencer à se manifester.

« Bien qu’une augmentation du temps consacré au comportement sédentaire était associée à une augmentation de la cote exprimant le risque de présenter des problèmes de santé, comme cela a été observé dans d’autres études, la présente étude a permis de confirmer qu’une augmentation du temps consacré à faire de l’activité physique de faible intensité peut être bénéfique pour la santé », écrivent-ils. « Plus précisément, l’APIL moyenne semblait représenter le « point de bascule » auquel les associations protectives apparaissaient. »

Un rôle de soutien pour les assureurs

Selon Mme Cutler, ces résultats offrent aux assureurs l’occasion de jouer un rôle de soutien, tant en sensibilisant les assurés aux risques pour la santé qu’en récompensant l’adoption de comportements plus sains. Elle ajoute que les données recueillies au cours des dix années d’existence du programme Vitalité montrent également que les gens passent à l’action lorsqu’ils reçoivent de l’information et des incitatifs.

« Les gens recherchent vraiment des encouragements », affirme-t-elle, ajoutant que les participants au programme sont généralement assez réceptifs à l’information et aux incitations qui leur sont proposées.

« Toute forme de mouvement est bénéfique. Que l’on perde du poids et que l’on parvienne ou non à modifier son indice de masse corporelle est une autre question. Mais toutes les recherches montrent que l’activité physique contribue à faire évoluer ces indicateurs comme la tension artérielle, le cholestérol, la glycémie et l’IMC dans la bonne direction, notamment les taux de lipides et de cholestérol, ainsi que tous les autres », explique-t-elle. « Nous avons encouragé les gens à examiner ces quatre indicateurs de santé et à constater comment ils avaient évolué vers des valeurs plus saines, simplement parce qu’ils disposaient désormais de cette information. »

Parmi les participants au programme Vitalité de Manuvie dont les résultats biométriques se situaient initialement hors des valeurs normales et qui ont ensuite effectué des évaluations de santé supplémentaires, 53% ont atteint des valeurs saines pour le cholestérol, 46% pour la tension artérielle, 37% pour l’indice de masse corporelle et 23% pour la glycémie.

Mme Cutler insiste de nouveau sur l’effet cumulatif des petits changements.

« Si vous investissez 30 minutes aujourd’hui, votre état de santé dans 20 ans sera très différent de celui des personnes qui ne font pas cet investissement aujourd’hui », affirme-t-elle. « C’est le changement de comportement que nous cherchons à aider nos clients à adopter. »