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Le lièvre et la tortue

par Alain Thériault | 18 août 2014 09h00

Samuel Levasseur a suivi les traces de son père en se démarquant par son expérience en conformité et son engagement à accroitre l’efficience par l’innovation technologique. Il a partagé sa recette de succès lors du dernier Congrès de l’assurance et de l’investissement.M. Levasseur est planificateur financier et président de l’entreprise familiale que son père a créée en 1992, après avoir quitté son emploi pour devenir conseiller en sécurité financière. Son arrivée à des postes de commande au sein du cabinet de son père s’est faite en douce, mais le jeune premier est vite devenu un mordu de la carrière. Le caractère familial de l’entreprise est d’autant rehaussé que sa mère y travaille comme adjointe administrative.

Bachelier de l’Université de Sherbrooke, Samuel obtient une bourse pour aller étudier en Angleterre. Il revient chez Valeurs mobilières Desjardins à titre d’analyste de projet, puis de directeur de conformité. « Le côté humain me manquait. J’ai alors décidé d’essayer le conseil en placements », relate-t-il. Il s’initie aux rouages des marchés financiers et à la saine gestion des portefeuilles.

Le lièvre et la tortue

Après son retour au Québec, son père lui offre de devenir la relève de son cabinet. Mais les choses ne se font pas en criant lapin. « Je suis une tortue, lance d’emblée Samuel. Mais pas n’importe laquelle. Le lièvre part trop vite et s’essouffle. La tortue part lentement, mais arrive plus rapidement au but. Pour cela, il faut avoir une bonne fusée, quatre roues motrices et un casque de sécurité. »

Il se joint à son père en 2012. Services financiers André Levasseur devient alors Services financiers Hepta Conseils. « Nous avons changé le nom pour deux raisons : représenter un plus large éventail de produits et services financiers et nous démarquer », révèle le jeune conseiller. Le logo se veut pour sa part le reflet d’une alliance des compétences. « Hepta veut dire sept, pour les sept domaines de la planification financière », explique Samuel.

Si le changement de l’image coïncide avec le transfert de l’entreprise entre Levasseur père et fils, les deux partenaires ne précipitent rien. Dans un premier temps, ils restructurent leurs forces. L’expérience d’André se concentre en assurance de personnes, tandis que le bagage de Samuel relève davantage du placement et de la planification financière. « Mon père est devenu mon spécialiste en assurance », dit le fils.

La partie facile du transfert se poursuit avec l’intégration de la clientèle existante. « Les clients avaient déjà une très grande confiance en mon père. Il a donc été plus aisé de les rencontrer, relate Samuel. Nous avons atteint un taux de conservation de la clientèle de près de 100 %. »

Faire sa place

Mais tout n’est pas sans heurts. La partie difficile arrive avec ses changements dans les habitudes de travail. « Mon père a plus de 20 ans de métier. J’arrive avec du nouveau sang. Cela a pris jusqu’à six mois avant que nous arrivions au même endroit avec les mêmes procédures », se rappelle le nouveau venu.

Le cabinet va chercher une autre force en appariant efficacité et efficience, deux termes au sens trop souvent interverti. « Si nous rappelons un client rapidement, cela démontre notre efficacité. Mais avons-nous été efficients? Est-ce que le client a dû appeler ma mère, puis mon père, pour que je le rappelle, finalement? »

Une grande partie de l’efficience passe par les nouvelles technologies. Au formulaire intégré, au soutien d’adjointes administratives et à l’outil de gestion, de la clientèle s’ajoute un cabinet sans papier. Les documents sont sauvegardés en double sur réseau. « Nous avons mis des procédures et processus uniformes en place. Cela prend du temps, de l’énergie et des démarches, mais c’est un investissement qui en vaut la peine », insiste M. Levasseur.

Implanter la technologie

Fidèle à la génération qui l’a vu naitre, Samuel est rompu aux rouages de la technologie : il lance le site Internet de l’entreprise en 2013. Son père et lui travaillent aussi à partir d’une proposition avec signature électronique.

La techno ne fait pas tout, cependant, et les deux associés continuent ensemble d’alimenter et d’entretenir un bon réseau d’affaires. Ils développent des clients qui deviennent des centres d’influence et les réfèrent. Ils concluent des partenariats (courtier hypothécaire, courtier en bourses d’études, cabinet en assurances générales, comptable, fiscaliste, avocat, notaire).

De plus, Hepta Conseils ne craint pas la règlementation. Travailler de pair avec la conformité est, selon M. Levasseur, un gage de succès. « C’est en travaillant à la conformité que j’ai le plus appris sur le travail du conseiller. Je suggèrerais d’ailleurs un stage de six mois pour les nouveaux conseillers d’un service de conformité. » Meilleure façon de voir l’autre côté de la médaille, cette expérience permet selon lui de saisir toute l’importance des bonnes pratiques de vente. « J’ai ma propre analyse de besoins financiers », ajoute-t-il.

Samuel a des projets de croissance. « Dans cinq ans, j’aimerais avoir pignon sur rue, un endroit où les gens pourront nous rencontrer directement. Nous sommes aussi en voie d’acheter d’autres entreprises. Nous nous affairons actuellement à nous préparer à cette éventualité. »

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