La valeur à long terme des traitements par agonistes du GLP-1 fait l’objet d’un examen attentif, alors que les assureurs en santé doivent concilier la hausse des dépenses en médicaments et la possibilité d’une diminution future des coûts médicaux globaux. « Les stratégies en matière de couverture et de garanties continueront probablement d’évoluer », indiquent les auteurs d’un nouveau rapport d’AM Best, intitulé GLP-1 Therapies: Evaluating the Balance Between Pharmacy Costs and Long-Term Value.

« Alors que la tendance des coûts des médicaments continue de s’accentuer et que les données cliniques évoluent, les assureurs en santé sont confrontés à une question fondamentale : les améliorations à long terme de la morbidité et la possibilité d’une amélioration des résultats en matière de mortalité justifient-elles, en définitive, des investissements importants dans les traitements par agonistes du GLP-1? », ajoutent-ils.

Les agonistes des récepteurs du peptide-1 de type glucagon (GLP-1) ont d’abord été mis au point pour traiter le diabète de type 2 avant d’être largement utilisés pour la prise en charge de l’obésité. Ces médicaments font également l’objet d’essais en cours pour d’autres affections, notamment les maladies cardiovasculaires, les troubles de santé mentale, les maladies du foie et des reins, les maladies neurodégénératives, l’apnée du sommeil, les troubles liés à la dépendance et divers cancers.

Pressions liées au coût des médicaments

Dans une déclaration au sujet du rapport, Joseph Zazzera, directeur à AM Best et auteur du commentaire, affirme que ces médicaments constituent l’un des principaux facteurs de croissance des dépenses en médicaments dans l’ensemble du secteur des soins de santé. « Un nombre croissant de données probantes appuient une amélioration des résultats en matière de morbidité et une prise en charge plus efficace des maladies, ce qui pourrait réduire les coûts médicaux futurs. Toutefois, les pressions sur le coût des médicaments continuent d’influencer les décisions relatives à la couverture d’assurance maladie, puisque les GLP-1 demeurent un important facteur de dépenses en médicaments et que les économies à long terme restent incertaines. »

En réponse à une demande du Portail de l’assurance au sujet de cette recherche, M. Zazzera indique que les structures de financement des soins de santé au Canada diffèrent de celles des États-Unis, mais ajoute que l’enjeu sous-jacent est similaire. « Les payeurs mettent en balance le coût à court terme des traitements par agonistes du GLP-1 et leur potentiel d’améliorer les résultats liés aux maladies chroniques et de réduire l’utilisation des soins de santé à plus long terme. L’arrivée du sémaglutide générique au Canada ajoute une autre dimension, puisqu’une concurrence accrue et des prix plus bas pourraient commencer à modifier cette équation de valeur », écrit-il.

Dans le rapport lui-même, il va plus loin en soulignant que les entreprises qui paient aujourd’hui pour ces médicaments pourraient ne pas être celles qui bénéficieront des économies futures sur les coûts médicaux, puisque les participants changent fréquemment d’employeur et de régime d’assurance maladie.

« La question de savoir si les améliorations de la morbidité se traduiront ultimement par des réductions mesurables de la mortalité demeure importante », écrivent les auteurs. De même, ajoutent-ils, les avantages attendus, soit une diminution des complications liées au diabète, une réduction des hospitalisations et une meilleure prise en charge des maladies chroniques, pourraient prendre des années à se concrétiser.

« Bien que la couverture du diabète soit généralement demeurée intacte, de nombreux régimes d’assurance maladie offerts par les employeurs et administrés par des assureurs commerciaux ont réévalué, restreint ou éliminé la couverture pour les indications liées à l’obésité, alors qu’ils cherchent à concilier les coûts et la demande croissante », indique le rapport.

« AM Best estime que la discussion entourant les traitements par agonistes du GLP-1 porte de moins en moins sur les médicaments eux-mêmes et davantage sur la façon dont le financement des soins de santé devrait s’adapter aux innovations susceptibles de transformer la santé globale de la population. Alors que les données cliniques continuent de s’accumuler, les répercussions financières demeurent l’objet d’une évaluation active. »