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Les fusions et acquisitions : un passage obligé pour les réassureurs

par Sandrine Champigny | 22 septembre 2014 09h00

La concurrence dans le milieu de la réassurance est grandissante, selon la firme de notation Standard & Poor’s. Le secteur vit une période de grand changement, influencé par la venue de capitaux alternatifs, notamment ceux des fonds de couverture et des fonds de catastrophe, qui prennent de plus en plus de place.

Ces nouvelles avenues de capital pour les entreprises représenteront, selon le PDG d’Endurance Specialty Holding, John Charman, près de 100 milliards de dollars (G$) d’ici cinq ans. Selon lui, les réassureurs ne sont toutefois pas à risque, vu l’expertise qu’ils offrent.

Standard & Poor’s estime qu’avec la compétitivité grandissante entre les réassureurs, leur rentabilité risque de faiblir en 2014 et en 2015. L’agressivité et la volonté de conserver des parts de marché importantes seront les meilleurs atouts pour les réassureurs qui veulent conserver leur place. Les petites compagnies ne seront désormais plus capables d’être compétitives, selon Constantine Iordanou, PDG de Arch Capital Group, d’où la nécessité pour les entreprises de fusionner et d’acquérir d’autres compagnies. Le marché sera d’ailleurs profitable en ce sens, avec une prévisible augmentation des transactions dans la prochaine année.

Le marché restera quand même profitable malgré la pression, estime le PDG de SCOR SE, Denis Kessler. Selon lui, tout n’est pas une question de taille, de qualité des souscriptions ou de choix de spécialité d’affaires; l’important, pour lui, est de fonctionner selon la profitabilité.

D’après John Charman, il existe deux façons d’analyser le marché des fusions-acquisitions : soit en faisant usage du capital de manière à créer des entreprises plus fortes, soit en se positionnant du point de vue de l’industrie, comme une façon de développer ses affaires de manière non stratégique. « Selon ma perception, je préfèrerais déployer du capital de façon stratégique et être préparé à un changement du marché des deux côtés de la feuille du budget », indique-t-il.

La solution, selon M. Lordanou, se trouve dans la consolidation. « Plus de consolidation va améliorer l’environnement », souligne-t-il. Il est d’ailleurs optimiste en ce qui concerne le rendement des capitaux propres, qui, à son avis, pourrait atteindre 11 % l’an prochain et, éventuellement, 15 %. M. Charman est du même avis. « C’est inacceptable pour une entreprise d’avoir un retour qui n’est pas au moins dans les deux chiffres. » Les présidents de compagnies de réassurance s’entendent toutefois pour dire que les retours seront plutôt sous les 10 %.

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