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Les gestionnaires de fonds privilégient les actions pour leur rendement en 2006

par Vicky Poitras | 16 mars 2006 20h02

Si l’on se fie aux boules de cristal des gestionnaires de fonds au Canada, ce sont les actions qui généreront les meilleurs rendements en 2006 parmi tout l’éventail des véhicules de placement.Voilà ce que le Groupe Conseil Aon vient de révéler à la lumière de son enquête bi-annuelle rendue publique à la mi-février dernier. L’enquête sonde les perceptions d’une trentaine de gestionnaires de caisses de retraite au Canada quant aux rendements attendus sur deux horizons : d’abord l’année 2006 puis sur une période de 10 ans.

Dans leur analyse présentée à des membres de caisses de retraite, les gestionnaires de Aon ont toutefois mis en garde les participants contre les visions à court terme en matière de placement. Dans une caisse de retraite, une vision d’un an équivaut à se limiter à de la répartition tactique et ouvre la porte à une philosophie transactionnelle.

Horizon 2006

Les gestionnaires interrogés ont dressé un portrait de l’allure de l’économie. Ils prévoient ainsi un dollar canadien qui demeure fort et notre économie qui surpasse celle de nos voisins du Sud encore cette année.

Pour l’année en cours, les gestionnaires interrogés privilégient les actions bien avant les obligations pour le rendement.

Dans le marché des actions, les répondants à l’enquête d’Aon s’attendent à ce que ce soit les actions des sociétés de pays émergents qui performent le mieux. Leurs attentes indiquent que cette catégorie d’actifs pourrait connaître un rendement médian de 11,0%.

(Aon exprime la médiane en retenant seulement 90% des réponses, enlevant ainsi 5% des gestionnaires les plus optimistes et 5% des plus pessimistes.)

Les réponses à l’enquête d’Aon témoignent aussi d’une bonne confiance envers les fonds d’actions internationales et canadiennes. La médiane des rendements d’un an attendu dans la catégorie internationale atteint 8,5% alors qu’elle se fixe à 8,0% pour la catégorie canadienne.

Il y a plus de pessimisme du côté du rendement attendu cette année de la part des actions américaines. Dans cette catégorie, la médiane des rendements attendus se fixe à 6,8%.

En outre, les gestionnaires interrogées par Aon anticipent une légère baisse des taux d’intérêt, ce qui pourrait favoriser le rendement des obligations à long terme sur 10, 20 et 30 ans. Sur un horizon de 2006, cette catégorie d’actifs recueille un rendement médian de 3,3% dans l’enquête d’Aon.

Une caisse diversifiée pourra s’attendre à un rendement médian de 6,2%. Le portefeuille type d’une « caisse diversifiée » tel que conçu par Aon est composé de 45% en obligations, 30% en actions canadiennes, 10% en actions américaines et 15% en actions internationales.

Horizon 10 ans

Comme dans leurs attentes à court terme, les gestionnaires sondés par Aon favorisent les actions de pays émergents dans leurs attentes de rendement sur une période de 10 ans. Le rendement sur 10 ans de cette catégorie d’actifs devrait atteindre 8,8%, en témoigne la médiane observée par Aon.

Toujours selon la médiane des rendements attendus sur 10 ans, toutes les autres catégories d’actions performeront à 8,0%, disent les gestionnaires interrogés.

Ceux-ci croient par ailleurs qu’une caisse diversifiée devrait connaître un rendement médian de 6,7% dans les dix prochaines années.

Les gestionnaires s’attendent en outre à une hausse des taux d’intérêt à long terme de 1,5% sur 10 ans. Pour les caisses de retraite, cela signifie un coup de pouce pour la solvabilité vacillante des régimes de retraite à prestations déterminées (régimes dont les rentes que doit recevoir l’employé à la retraite sont déterminées par le nombre d’années de service). L’enquête d’Aon fixe à 5,7% le rendement médian attendu sur 10 ans pour les obligations à long terme.

Les gestionnaires de caisses de retraite s’attendent aussi à une certaine convergence des rendements entre les divers marchés boursiers mondiaux. Cette donnée change donc la couleur des investissements à l’étranger, selon Aon. De tels investissements ont longtemps été recommandés par les gestionnaires comme un moyen de hausser le rendement d’un portefeuille. Investir à l’étranger répondra dorénavant davantage à un besoin de diversification, estime pour sa part Claude Lockhead, vice-président principal d’Aon.

Enfin, la prime de risque à long terme dont bénéficiera l’investisseur qui privilégie les actions par rapport aux obligations atteindra environ 3,0%, toujours selon l’enquête d’Aon.

Scandales en 2005

Plus d’un gestionnaire a été heureux de tourner la page sur une année qui passera à l’histoire au Canada pour les nombreux scandales survenus chez des firmes de fonds : Portus, Norbourg, Norshield, Mount Real. S’est ajouté le scandale du market timing chez plusieurs compagnies de fonds communs.

Mais les gestionnaires n’ont pas eu que cet écueil à contourner. La hausse du dollar canadien a fait mal. On estime des pertes de rendement de 15% à 18% chez les gestionnaires qui n’ont pas cru bon de se couvrir contre le risque financier de l’appréciation du dollar.

Sans le jeu des devises, les fonds d’actions internationales auraient battu les fonds d’actions canadiennes en termes de rendement dans le portefeuille des caisses de retraites, a expliqué M. Lockhead.

Il rappelle toutefois qu’un an, c’est court pour juger des performances d’un gestionnaire de fonds. Une analyse plus poussée permet de tirer de meilleures conclusions, ajoute Claude Lockhead.

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